NBA – Encore tradé, D’Angelo Russell épinglé : « Un cancer pour ton équipe »

D'Angelo Russell avec les Mavericks
Dallas Mavericks (DR)

Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport

La situation de D’Angelo Russell intrigue de plus en plus autour de la ligue. Malgré un talent offensif reconnu, le meneur peine à s’installer durablement dans une équipe. Les changements de franchise se sont enchaînés sans réelle continuité. Tim Hardaway estime que la cause principale n’est pas le niveau, mais tout ce qui l’entoure.

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D’Angelo Russell reste un scoreur capable de créer son tir et de porter une attaque sur des séquences, ce qui lui a permis d’exister longtemps au plus haut niveau. Mais dans une NBA obsédée par la cohésion, la discipline collective et l’acceptation d’un rôle, ce profil “à la carte” devient plus difficile à intégrer. Le fait qu’il ait déjà connu plusieurs vestiaires avant 30 ans alimente une méfiance naturelle, surtout quand les résultats ne suivent pas.

Hardaway a été frontal en expliquant pourquoi, selon lui, les franchises finissent par se lasser. « Je vais te dire un truc sur D’Angelo… ils l’ont envoyé à Washington parce que l’équipe ne l’aimait pas. D’Angelo Russell est un cancer pour ton équipe », lâche-t-il, en assumant un jugement très dur sur l’impact humain du joueur. Dans son discours, ce n’est pas une question de système ou de coach, mais de dynamique interne qui se dégrade.

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Une alerte sur l’attitude, pas sur le niveau

L’ancien meneur décrit un rapport de force qui finit par isoler le joueur dans le vestiaire. « Il pense qu’il est meilleur que tout le monde dans ton équipe et dans l’organisation… il veut que tu t’inclines devant lui », ajoute Hardaway, en évoquant une posture perçue comme dominante et incompatible avec un collectif. Il insiste sur le fait que, même sans conflit explosif, l’addition de petites tensions finit par éloigner les coéquipiers. Et quand l’équipe cesse de “vivre” ensemble, le talent pur ne suffit plus à compenser.



Il reconnaît pourtant que Russell a du basket, mais estime qu’il paie son refus d’ajuster son style. « Tu peux jouer, ne te trompe pas, tu peux jouer… mais quand tu frottes ton équipe dans le mauvais sens et qu’elle s’éloigne de toi, “on va te laisser tranquille, on ne va pas te calculer” », explique-t-il, en décrivant une forme de mise à l’écart progressive. Hardaway cite aussi une répétition du scénario d’une franchise à l’autre, ce qui, dans son esprit, transforme une impression en tendance.

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Cette réputation ne s’est pas construite uniquement sur le terrain, et certains épisodes du début de carrière ont longtemps collé à sa peau dans les discussions de vestiaire. Quand la confiance est abîmée, elle se répare difficilement, même si le joueur continue de produire des séquences offensives de qualité. À mesure que les franchises deviennent plus prudentes, l’étiquette “difficile à manager” peut faire plus de dégâts qu’un mauvais mois de statistiques.

Pour autant, l’histoire montre qu’un joueur peut inverser la tendance en acceptant un rôle plus clair et en simplifiant son impact. Russell n’a pas besoin de devenir un autre joueur, mais il doit convaincre qu’il peut servir une structure plutôt que la faire tourner autour de lui. Dans certains contextes, un meneur secondaire, plus concentré sur l’organisation et la sélection de tirs, retrouve une valeur immédiate.

Conférence Est D'Angelo Russell NBA 24/24 Washington Wizards