À 48 ans, Audrey Fleurot sans langue de bois : « Si ne je prends plus le métro, c’est parce que…

Audrey Fleurot
France TV (DR)

Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

Sacrée comédienne préférée des Français selon un sondage IFOP, Audrey Fleurot a changé de dimension depuis le triomphe de HPI. L’interprète de Morgane Alvaro, devenue l’un des visages les plus identifiables du petit écran, voit désormais chacun de ses propos scruté. Mais derrière le succès et les tapis rouges, certaines décisions n’ont rien à voir avec la célébrité. Notamment celle de ne plus mettre un pied dans le métro parisien.

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Figure très connue de la fiction française, Audrey Fleurot a pourtant longtemps évolué dans une relative discrétion avant l’explosion de HPI. Originaire de Mantes-la-Jolie, la comédienne de 48 ans a vu son quotidien bouleversé par une notoriété fulgurante, changeant profondément son rapport au public.

Une exposition massive qu’elle assume, tout en reconnaissant ses zones d’inconfort, notamment face aux réactions parfois excessives que suscite sa popularité. Dans un entretien accordé à Paris Match, la comédienne s’est ainsi confiée avec franchise sur ce malaise grandissant face au regard des autres :

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« Je ne vais pas m’en plaindre, mais il est vrai que ce n’est pas l’exercice avec lequel je suis le plus à l’aise. Le comportement des gens change, et je ne sais pas comment gérer leur regard. C’est agréable mais déstabilisant. On est très chosifié, sujet à une fantasmagorie qui perturbe, devant des jeunes filles qui peuvent se mettre à trembler, à pleurer, des personnes qui veulent des hugs. Et là je suis mal à l’aise. La fonction qu’on me prête me dépasse. »

Une célébrité qui bouscule, mais qui n’explique pas son abandon des transports en commun. Car contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce n’est pas pour ne pas être reconnue qu’Audrey Fleurot ne prend plus le métro depuis l’âge de 20 ans. Mais pour sa sécurité :

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« Mais cela n’a rien à voir avec la notoriété. À la suite de nombreuses agressions, j’ai pensé que le scooter à Paris ne pouvait pas être plus dangereux (que le métro, ndlr). »

Un choix radical, motivé par des expériences personnelles suffisamment marquantes pour l’éloigner durablement des rames bondées de la capitale. Si elle ne détaille pas précisément les faits évoqués, l’actrice laisse entendre un vécu pesant, et qui est malheureusement corroboré par les chiffres d’une hausse de la criminalité dans les transports en commun francilien chaque année.

Au fil de sa carrière, l’ancienne élève du conservatoire a également été confrontée à d’autres formes de pressions, cette fois dans le milieu audiovisuel. Un vécu qu’elle relie directement au mouvement Me Too, auquel elle dit apporter un soutien total. Toujours auprès de Paris Match, Audrey Fleurot revient sur des situations révélatrices d’un rapport de force encore trop fréquent :

« La cause me tient évidemment à coeur. J’ai la chance de ne pas avoir été victime d’agression au sein de mon métier, mais j’ai été confrontée, comme tout le monde, à des abus de pouvoir ou à des remises en question de mon professionnalisme. Quand on est une jeune actrice, on ne sait pas trop ce qu’on est en droit, ou pas, de vous demander. Une fois, j’ai eu le sentiment de me faire voler quelque chose et je me suis jurée que ça ne m’arriverait plus.

Un réalisateur ne m’avait pas expliqué la nature d’une séquence, et je me suis aperçue au dernier moment qu’il s’agissait d’une scène de sexe. Devant mes réticences, il m’a demandé : « T’es comédienne ou t’es pas comédienne ? » Les costumières, qui n’étaient pas au courant non plus, n’avaient rien prévu pour que je sois plus « confortable » lors de la scène. J’étais au pied du mur, sans personne pour me venir en aide. Ce rapport de force n’est pas propre à notre métier : quasiment toutes les femmes ont été confrontées, un jour ou l’autre, à ce genre de situation. »

À travers ces confidences, la comédienne révèle une parole mesurée mais ferme, loin de toute posture. Si elle ne prend plus le métro, ce n’est ni par caprice ni par effet de starisation, mais à la suite d’expériences personnelles lourdes de conséquences. Une décision intime, devenue publique, qui éclaire autrement le quotidien d’une actrice au sommet de sa carrière.

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