Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
À 70 ans, Jean-Louis Aubert continue de cultiver la même sensibilité qui traverse ses chansons depuis ses débuts avec Téléphone. Derrière l’image du poète-rockeur, l’artiste cache aussi un attachement profond à certains lieux, rares et préservés. L’un d’eux, acquis presque par miracle, relève aujourd’hui de l’exception. Un privilège devenu quasiment introuvable en France.
Figure majeure du rock français, Jean-Louis Aubert a toujours avancé à contre-courant du tumulte médiatique. L’ancien membre de Téléphone, compagnon de route de Louis Bertignac, revendique une vie guidée par l’intuition et la quête d’harmonie. Récemment invité sur le plateau de Quelle Époque, le chanteur est revenu sur un épisode marquant de son existence, survenu après une intervention médicale il y a cinq ans. Un moment charnière qui l’a conduit à mettre la main sur un bien immobilier que beaucoup considèrent désormais comme impossible à trouver.
Face à Léa Salamé, l’interprète de Temps à nouveau a raconté comment, à la sortie d’une opération, une intuition inattendue a changé le cours des choses. Il décrit une scène presque mystique, mêlant fragilité et évidence :
« Il y a 5 ans, je me souviens qu’après l’opération, je sortais de chez le médecin et je ne sais pas pourquoi une voix dans ma tête me dit : ‘La mer va te guérir.’ Je passe juste à ce moment-là devant une agence immobilière où il y a une très belle maison sur un catalogue. Je rentre et évidemment, c’était un truc inaccessible. On me demande ce que je cherche, je dis que je voudrais une maison avec un chemin qui descend dans la mer. Il me dit : ‘Ca n’existe pas en France, monsieur, c’est fini.’
Et il me rappelle huit mois après pour me dire : ‘On a trouvé une cabane avec un chemin qui descend dans la mer.’ La cabane me plaît. Il y a un rocher en bas sur lequel je vais m’asseoir et j’écris ‘Merveille’ et la chanson donne la maison »
Ce chemin privé plongeant directement dans la mer, devenu rarissime sur le littoral français en raison des réglementations et de la pression foncière, représente pour le chanteur un luxe inestimable. Plus qu’un simple bien immobilier, il s’agit d’un refuge créatif. C’est là, face à l’horizon, qu’il a écrit Merveille, comme si la maison et la chanson s’étaient mutuellement choisies.
Mais ce coin de paradis en bord de mer n’est pas le seul sanctuaire de l’artiste. Le musicien possède également un moulin en Eure-et-Loir, à proximité d’une cathédrale classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Un lieu chargé d’histoire, acquis dans des circonstances tout aussi singulières. Dans les colonnes de Gala en 2024, le chanteur confiait :
« Le propriétaire était orphelin adopté par un aristocrate sans enfant, et il rêvait que sa maison soit reprise par un artiste, qu’elle inspire quelqu’un »
À l’heure où les biens d’exception se font de plus en plus rares, Jean-Louis Aubert semble avoir trouvé bien plus qu’une maison : un équilibre. Entre mer et moulin, intuition et création, le rockeur a façonné un univers à son image, où chaque pierre devient source d’inspiration.
