Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Entre Johnny Hallyday et Sylvie Vartan, l’histoire appartient désormais à la légende de la chanson française. Mais avant de devenir un couple mythique, leur rencontre a débuté par une sortie pour le moins maladroite. Une phrase spontanée, lancée par un jeune rockeur fougueux, qui aurait pu tout faire basculer. Retour sur un premier faux pas devenu mythique.
Figure indétrônable du rock hexagonal, Johnny Hallyday n’a jamais dissocié sa vie intime de son personnage public. L’interprète de « Noir c’est noir », emporté par l’énergie des années yé-yé, cultivait déjà à 18 ans une réputation de séducteur impulsif. En 1961, alors qu’il assiste à un concert à l’Olympia, le jeune chanteur aperçoit sur scène celle qui n’est encore qu’une étoile montante : Sylvie Vartan. À ses côtés ce soir-là, un certain Eddie Vartan, musicien… et frère de la chanteuse.
Dans son autobiographie, Sylvie Vartan raconte cette scène restée célèbre. Séduit par l’interprète de « La Maritza », Johnny Hallyday se penche vers Eddie Vartan sans savoir à qui il s’adresse réellement et lâche :
« Tu la connais celle-là ? Je me la ferais bien ! »
Une phrase brutale, spontanée, à l’image du tempérament du Taulier à ses débuts. Sur le papier, tout aurait pu s’arrêter là. Pourtant, Eddie Vartan ne se formalise pas de cette sortie peu élégante et accepte même de présenter les deux artistes ! Un premier contact qui ne laisse cependant pas un souvenir impérissable à la principale intéressée.
Des années plus tard, face à TV5 Monde, Sylvie Vartan confiera qu’elle n’était pas du tout sous le charme lors de cette première rencontre…
« Mon coeur était ailleurs. Je n’étais pas très intéressée par les gens de mon âge, mon frère étant plus âgé. J’avais une gravité, une maturité en moi que les filles de mon âge n’avaient certainement pas. »
À cette époque, la jeune chanteuse se sent déjà en décalage avec l’insouciance ambiante. Johnny Hallyday, lui, incarne la fougue et l’excès. Deux trajectoires qui semblent alors opposées. Mais le destin en décidera autrement.
Quelques mois plus tard, lors d’une tournée commune, les deux artistes se retrouvent. Cette fois, le rockeur décide de passer à l’offensive de manière plus romantique. Son secrétaire personnel est chargé de transmettre une déclaration d’amour à la chanteuse. Le début d’une idylle intense, passionnée, parfois tumultueuse, qui durera quinze ans et marquera durablement le paysage médiatique français.
Avec le recul, Sylvie Vartan évoque aujourd’hui cette histoire avec une tendresse intacte. Toujours auprès de TV5 Monde, elle confiait :
« On était très jeunes, on était des bébés. Il était très sentimental, très sensible, très pudique… et moi ça me plaisait beaucoup ».
Ce qui avait commencé par une phrase catastrophique, presque irrévérencieuse, s’est transformé en l’une des romances les plus emblématiques de la chanson française. Une nouvelle illustration du paradoxe Johnny Hallyday : excessif dans les mots comme dans les gestes, mais capable de transformer un dérapage en histoire d’amour inoubliable.
