Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
Kevin Durant continue de grimper au classement des meilleurs marqueurs de l’histoire. L’ailier n’est plus qu’à quelques centaines de points de Michael Jordan. Ce rapprochement attire l’attention, mais pour lui il dépasse la simple statistique. Il y voit surtout une confrontation symbolique avec son idole.
Depuis ses débuts, Durant s’est imposé comme l’un des scoreurs les plus naturels de sa génération. Sa polyvalence offensive lui a permis d’empiler les saisons à plus de 25 points de moyenne sans dépendre d’un système précis. Cette régularité explique pourquoi il se rapproche aujourd’hui du top 5 historique sans avoir jamais forcé son style. Plus qu’un objectif affiché, cette progression est la conséquence logique de sa carrière.
Le contexte rend cependant ce moment particulier car le joueur qu’il vise est celui qui a façonné sa vision du basket. L’idée de dépasser une référence personnelle change la perception du classement. Il ne s’agit plus seulement de chiffres mais d’une forme de passage de témoin entre deux époques. Durant l’assume tout en refusant d’y voir une hiérarchie définitive.
Un nouveau record pour Kevin Durant ?
Il a d’ailleurs tenu à rappeler ce que représente réellement la position de Michael Jordan dans la liste. « C’est fou. MJ a manqué deux ou trois saisons sans blessure, il s’est juste éloigné du jeu. Il aurait pu avoir bien plus de points. Il a laissé beaucoup de choses sur la table. En même temps c’est une icône, une inspiration pour moi, donc être proche de lui est incroyable… c’est surréaliste, je n’ai pas les mots ». Pour lui, franchir ce cap serait davantage un hommage qu’un dépassement.
Si Jordan avait joué sans interruption au cœur de sa carrière, son total aurait probablement été bien plus élevé. À l’époque, il tournait régulièrement autour des 30 points par match, ce qui sur plusieurs saisons complètes aurait ajouté plusieurs milliers d’unités. Cette projection rappelle que les classements historiques dépendent aussi des contextes et des choix personnels. Durant insiste donc sur l’importance d’interpréter les chiffres avec nuance.
Ce discours s’inscrit dans une logique de respect plutôt que de comparaison directe. L’ailier reconnaît que les générations ne jouent ni dans les mêmes conditions ni avec les mêmes rythmes. Dépasser une légende n’efface pas son impact, au contraire cela confirme la trace qu’elle a laissée. Le classement devient alors une continuité plutôt qu’une compétition.
Même s’il finit par passer devant Jordan, il ne considère pas que cela modifiera la perception globale de leurs carrières. Les accomplissements du passé restent liés à leur époque et à leur impact culturel. Ce type de seuil marque surtout l’évolution du jeu à travers ses meilleurs attaquants. Et c’est précisément ce que Durant semble vouloir rappeler avant tout.
