Pierre Richard (91 ans) sans filtre sur ce vice qu’il n’a jamais lâché : « À 16 ans, déjà, je…

Pierre Richard
France TV (DR)

Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

À 91 ans, Pierre Richard continue de cultiver cette liberté de ton qui a toujours accompagné sa carrière. Monument du cinéma français, l’acteur n’a jamais hésité à évoquer ses passions, même les plus assumées. Parmi elles, le vin occupe une place à part, presque intime. Et ses souvenirs remontent à l’adolescence.

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Figure incontournable du septième art, Pierre Richard, héros inoubliable de La Chèvre, Le Grand Blond avec une chaussure noire ou encore Les Fugitifs, enchaîne les projets depuis la fin des années 1950. À plus de neuf décennies, le comédien s’apprête encore à retrouver les salles obscures avec un nouveau film, preuve d’une longévité exceptionnelle.

Mais derrière l’acteur prolifique se cache aussi un homme profondément attaché à la terre, propriétaire d’un domaine viticole depuis 1986, une aventure démarrée presque malgré lui. Dans les colonnes du Journal du Dimanche en 2015, l’acteur revenait sur cette double vie entre cinéma et vignoble :

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« Je suis souvent écartelé entre mes deux passions, l’une exclusive, le théâtre et le cinéma ; l’autre dominante, mes vignes. Jamais je n’ai pensé acheter un domaine viticole. Quand je suis allé me promener dans cette propriété, c’est parce qu’elle était belle, je me fichais qu’elle soit à vendre. Et puis, j’ai écouté le régisseur me parler de la vigne, du terroir, du raisin… Deux mois plus tard, je l’achetais alors que je n’y connaissais rien. »

Un coup de foudre devenu engagement durable. Pourtant, l’amour du vin chez le comédien ne date pas de l’acquisition de ses terres. Bien avant de produire ses propres bouteilles, le jeune Pierre Richard goûtait déjà aux plaisirs bachiques, avec une certaine précocité. Évoquant ses souvenirs d’adolescence, l’acteur confiait sans détour :

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« Mon grand-père aimait les bourgognes, le meursault, et mon père, les bordeaux, surtout le Cheval-Blanc. Moi, j’avais 16 ans, j’en profitais bien et l’après-midi, au lycée, je m’endormais pendant l’étude! »

Des débuts qui ne se faisaient pas toujours avec des crus prestigieux. À ses premières années, il reconnaît boire « surtout de la bibine », avant qu’une rencontre ne change la donne : celle avec Gérard Depardieu. Aux côtés du comédien, son palais s’affine et ses caves se remplissent :

« Avec Gérard, j’ai commencé à monter en grade! Nous nous étions achetés des beaux verres et nous faisions des repas tous les deux : on commençait par des vins de la Loire puis du Rhône et on finissait par des grands bordeaux… C’était à l’époque du film Les Compères. Quand nous avons tourné Les Fugitifs à Bordeaux, nous avions un ami totalement fauché, grand connaisseur de vins, qui rêvait d’être caviste. Il lui manquait 40 millions d’anciens francs pour cela. Avec Gérard, nous lui avons prêté chacun la moitié.

Au bout de deux ans sans nouvelles, il m’a envoyé un mot en me demandant si je voulais être remboursé en liquide-argent ou en liquide-vin. Pendant des semaines, il m’a envoyé des colis de sa boutique, avec des grands bordeaux et bourgognes et d’un seul coup, j’ai eu une très belle cave ! »

Une anecdote à l’image du comédien : généreuse, excessive, savoureuse. Derrière le clown lunaire du cinéma français se dessine ainsi le portrait d’un épicurien assumé, fidèle à ses plaisirs depuis l’adolescence. À 91 ans, Pierre Richard n’a rien perdu ni de son goût pour la scène, ni de celui pour les grands crus.

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