Star du PAF, Karine Le Marchand sans filtre sur sa couleur de peau : « J’ai appris après que…

Karine Le Marchand
Brut (DR)

Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

Omniprésente aujourd’hui sur le petit écran, Karine Le Marchand fait partie de ces visages que le public associe spontanément à la télévision française. Derrière cette réussite éclatante, le parcours de l’animatrice n’a pourtant rien d’un long fleuve tranquille. À ses débuts, elle a dû composer avec des réticences tenaces et des questionnements profondément dérangeants. Des obstacles qu’elle a accepté d’évoquer sans détour.

Publicité

Figure incontournable du paysage audiovisuel français, Karine Le Marchand s’est imposée au fil des années comme l’un des piliers du divertissement et du documentaire télévisé. Révélée au grand public grâce à L’Amour est dans le pré, l’animatrice de 57 ans a su transformer cette exposition en véritable engagement, notamment en faveur du monde agricole. Défenseuse acharnée des producteurs, entrepreneuse assumée avec le lancement récent d’une agence matrimoniale, elle incarne aujourd’hui une réussite totale.

Pourtant, avant cette reconnaissance, ses premiers pas à la télévision ont été marqués par des freins bien plus sournois. Si la star de M6 est aujourd’hui installée durablement à l’antenne, ses débuts ont été traversés par des interrogations liées à son identité. Invitée dans l’émission C à vous en juin 2020, Karine Le Marchand était revenue sur les coulisses de son arrivée sur France Télévisions, révélant avoir découvert, a posteriori, que sa couleur de peau avait fait l’objet de débats internes. Elle expliquait alors, sur le plateau de France 5 :

Publicité

« On s’est posé la question sur ma couleur de peau à France 5 avant qu’on me propose le poste des Maternelles. J’ai su après qu’ils s’étaient posé la question de savoir si c’était pas segmentant mais ils ont dit non et ils m’ont prise pour le poste. »

Une révélation glaçante, qui illustre les résistances auxquelles l’animatrice a dû faire face avant même d’avoir pu faire ses preuves à l’antenne. Et ce n’était pas le seul point de crispation.

Publicité

Outre sa couleur de peau, son nom de famille a également constitué un obstacle dans un milieu obsédé par la lisibilité et la facilité. À ses débuts, Karine Mfayokurera s’est vu demander de changer d’identité professionnelle, une décision qu’elle n’avait pas anticipée. Invitée sur Europe 1, elle avait raconté cet épisode avec une franchise teintée d’ironie, évoquant l’intervention directe de son supérieur hiérarchique de l’époque :

« Ce n’est pas moi, c’est mon directeur des programmes de l’époque, Pierre Milli, que j’adore parce qu’il m’a vraiment beaucoup aidé au début, qui est descendu et qui m’a dit : “Mais tu ne peux pas garder ton nom, Mfayokurera, personne ne va savoir le prononcer ni l’écrire donc tu choisis un truc.” »

Pris de court, le futur visage phare du PAF n’avait que quelques minutes pour se décider. Elle poursuivait son récit, toujours sur Europe 1, en détaillant la précipitation de ce choix devenu pourtant définitif :

« J’ai dit : “Mais attends, c’est dans dix minutes !” Et il me dit : “Bah choisis, choisis !” Et puis j’ai pris le nom de mon copain de l’époque, Pascal.” »

Un nom d’emprunt devenu, au fil du temps, une véritable marque. Et même si leur histoire d’amour appartient désormais au passé, Karine Le Marchand n’a jamais renié ce choix, ni les liens qui en découlent. Elle confiait d’ailleurs avec amusement :

« Je suis toujours proche, il est toujours très content ! Toute sa famille est très contente ! »

Aujourd’hui solidement installée au sommet du paysage audiovisuel, Karine Le Marchand regarde ce passé avec lucidité. Ces obstacles, liés à des critères qui n’avaient rien à voir avec ses compétences, ont forgé une animatrice combative et consciente des réalités du milieu. Une parole rare et précieuse, qui rappelle que même les parcours les plus brillants se construisent parfois à contre-courant.

Pop culture