Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
DeMarcus Cousins n’a jamais eu une carrière ordinaire. Talent immense, personnalité explosive, réputation controversée : son passage en NBA a toujours été accompagné d’un bruit permanent autour de lui. Aujourd’hui, avec du recul, l’ancien pivot revient surtout sur la manière dont il a appris à vivre avec cette pression constante.
Les critiques ont commencé très tôt et ne l’ont pratiquement jamais quitté. Entre les accrochages avec ses entraîneurs, les expulsions et les polémiques hors terrain, chaque épisode alimentait un récit déjà bien installé autour de sa personnalité. Pour beaucoup, il était devenu l’exemple parfait du joueur ingérable, parfois même avant que ses performances ne soient évoquées.
Face à cela, Cousins a développé une manière très simple de fonctionner sur le terrain. « Mon attitude, c’était juste : tant pis. Je jouais pour dominer et rien d’autre ne me traversait l’esprit. » Une fois le match lancé, tout le reste disparaissait, comme si l’environnement extérieur n’existait plus. Cette coupure mentale lui permettait d’exprimer son basket sans filtre et explique pourquoi tant de joueurs parlent du parquet comme d’un refuge.
Un caractère incompatible avec la défaite
En revanche, en dehors du jeu, la gestion était plus compliquée, notamment lors de ses années à Sacramento. L’organisation attendait du recul après les défaites, alors que lui vivait chaque revers comme une attaque personnelle. « Pourquoi tu veux que j’aie une bonne attitude après une défaite ? Je ne suis pas câblé comme ça. C’est justement comme ça que je suis arrivé ici. » Pour lui, accepter la défaite calmement revenait presque à trahir sa nature compétitive.
Cette mentalité expliquait aussi ses tensions régulières dans le vestiaire. Là où certains cherchaient la stabilité, Cousins fonctionnait à l’émotion immédiate, incapable de compartimenter compétition et quotidien. Les critiques publiques amplifiaient encore cette difficulté, car elles pénétraient l’environnement de travail. La pression ne restait jamais extérieure très longtemps.
Avec le temps, il a pourtant appris à apprivoiser ce regard constant. L’ancien All-Star affirme aujourd’hui avoir laissé derrière lui une partie de cette négativité pour mieux comprendre sa propre personnalité. Plutôt que d’essayer de changer totalement, il a cherché à canaliser ce qu’il appelle « la bête », cette intensité qui l’a porté pendant toute sa carrière. Ce travail intérieur lui a apporté une forme d’équilibre qu’il n’avait jamais vraiment connu auparavant.
Ce recul modifie aussi la lecture de son parcours. Derrière l’image du joueur incontrôlable se trouvait surtout un compétiteur incapable d’accepter la normalisation de la défaite. Cousins n’a jamais voulu devenir un joueur lisse, et c’est probablement ce qui a façonné autant ses succès que ses problèmes. Aujourd’hui encore, il assume ce caractère sans chercher à le réécrire.
