Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Icône de la chanson française, Claude François fascine encore par son talent, mais aussi par certaines zones d’ombre de sa personnalité. Derrière l’artiste adulé se cachait un homme compétitif, parfois jusqu’à la brutalité, envers ses collègues. Trois grandes figures de la scène française ont longtemps gardé un souvenir amer de son comportement, comme l’a récemment raconté Nicoletta avec une franchise rare.
Véritable légende de la variété hexagonale, Nicoletta n’a jamais hésité à parler des coulisses de sa carrière et des personnalités qu’elle a croisées. Invitée de En aparté, la chanteuse de 81 ans a livré un témoignage révélateur sur Claude François, qu’elle a côtoyé lors d’une tournée où elle assurait sa première partie.À cette occasion, Nicoletta racontait sans détour l’attitude particulière du chanteur :
« Ce n’était pas ma tasse de thé, pas du tout. Il n’y a pas de problème, je n’ai rien à dire (sur son professionnalisme, ndlr), mais sur le plan humain, ce n’est pas ma tasse de thé. Je ne sais pas… Mais c’était quelqu’un qui était très particulier, très égocentrique. Je ne vais pas en dire plus, le pauvre, il n’est plus là, paix à son âme. Mais il n’était pas très gentil avec ses camarades. Je n’ai tenu que 5 jours »
Elle précisait ensuite les méthodes employées par Cloclo pour réduire ses premières parties :
« Il n’aimait pas beaucoup les premières parties, alors si en plus on avait une voix un peu forte, il baissait un peu la sono, il enlevait la reverb… Je sortais de scène, j’avais mal au ventre. »
Nicoletta n’était pas la seule à subir ce traitement. Véronique Sanson, présente lors d’un déjeuner avec elle, lui avait confirmé avoir été victime du même sabotage :
« Un jour, j’étais avec Véronique Sanson, on déjeunait à la campagne, je raconte ça et Véro me dit : “Mais tu sais, il ne l’a pas fait qu’à toi, il me l’a fait aussi” ! »
Enfin, Alain Chamfort a également vécu cette expérience, malgré sa proximité avec l’artiste :
« Les filles, il n’y a pas qu’à vous qu’il l’a fait ! Non seulement, j’étais son artiste, il me produisait, et il m’a saboté aussi. Vous, ce n’est pas grave, on vous entendait quand même tandis que moi, on ne m’entendais plus. »
Ces anecdotes dévoilent un Claude François partagé entre un génie scénique incontestable et un besoin de dominer ses collègues. Une facette moins connue, mais essentielle pour comprendre la complexité et l’ambition dévorante de l’homme derrière l’icône.
