Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
Le débat entre générations reste permanent en NBA, surtout quand il s’agit de comparer les grands scoreurs d’hier et d’aujourd’hui. Michael Jordan reste la référence pour beaucoup d’anciens joueurs, notamment pour ceux qui l’ont côtoyé au quotidien. Toni Kukoc fait partie de ces témoins privilégiés et il estime que le contexte actuel favoriserait encore davantage son ancien coéquipier.
Selon Toni Kukoc, ancien coéquipier de Michael Jordan, l’évolution des règles a profondément changé la manière de défendre. Les contacts extérieurs sont beaucoup plus sanctionnés et les espaces offensifs plus importants qu’à l’époque. Cela ouvrirait la voie à un volume de points bien supérieur pour un attaquant aussi agressif vers le panier.
Kukoc n’a pas hésité à aller très loin dans sa projection : « Michael Jordan tirerait 20 à 25 lancers francs par match aujourd’hui, parce qu’avec les règles actuelles, au moindre contact c’est faute. Et personne ne pouvait l’arrêter. Je pense qu’il tournerait facilement autour de 45 points de moyenne ». Il a ajouté : « Tous ceux qui ont joué ou s’entraînaient avec lui diraient la même chose ».
Un contexte offensif très différent
Pour comprendre cette affirmation, il faut comparer les environnements de jeu. À la fin des années 80, la défense était autorisée à contrôler davantage les porteurs de balle. Le jeu dans la raquette était plus dense et plus physique, ce qui compliquait chaque pénétration. Malgré cela, Jordan tournait déjà à plus de onze lancers francs de moyenne sur une saison.
Aujourd’hui, l’espace est beaucoup plus large grâce aux tirs à trois points et aux restrictions défensives dans la peinture. Les aides arrivent plus tard et les attaquants bénéficient d’angles d’attaque plus ouverts. Dans ce cadre, un joueur spécialisé dans le un-contre-un aurait probablement encore plus d’opportunités pour provoquer les fautes. C’est précisément sur ce point que Kukoc base son raisonnement.
Les chiffres illustrent aussi l’évolution du jeu. À l’époque, certaines équipes tentaient moins de huit tirs à trois points par rencontre, alors qu’aujourd’hui les meilleures formations dépassent régulièrement les quarante tentatives. Le spacing transforme complètement les lectures offensives et rend les pénétrations plus simples à initier. Un scoreur basé sur le tir mi-distance et l’attaque du cercle pourrait donc voir sa production grimper naturellement.
Jordan n’avait déjà presque pas besoin du tir longue distance pour dominer offensivement. Sa production reposait surtout sur le jeu de pieds, le timing et la capacité à absorber le contact. Dans une ligue orientée vers l’attaque, ces qualités auraient encore plus de valeur. C’est ce qui pousse Kukoc à imaginer une moyenne statistique jamais vue.
