Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
Nikola Jokic continue de redéfinir les standards du poste de pivot en NBA. Triple MVP en cinq saisons et champion avec Denver, le Serbe s’est imposé comme la référence absolue de sa génération. Son influence dépasse les statistiques et interroge déjà sa place dans l’histoire. Pour son entraîneur David Adelman, il ne ressemble à aucun autre joueur passé par la ligue.
Depuis plusieurs années, l’attaque de Denver repose presque entièrement sur sa capacité à tout orchestrer. Jokic marque, distribue, contrôle le tempo et dicte les lectures défensives adverses avec un calme déconcertant. Là où d’autres pivots dominent par la puissance ou l’explosivité, lui impose son intelligence et son timing. Cette maîtrise globale change la manière dont les équipes défendent et construisent leurs systèmes.
C’est justement ce que David Adelman a tenu à souligner en évoquant son leader. « Incomparable à n’importe quel joueur ayant déjà évolué dans ce sport. Il a complètement changé ce que l’on peut être sur un terrain. Il peut jouer comme un pivot traditionnel, puis comme un meneur, puis comme un shooteur en catch-and-shoot. Son maniement de balle, son intelligence, son QI basket, son ressenti du jeu et sa compétitivité… c’est un ensemble complet », a expliqué le technicien.
Un pivot qui joue comme cinq postes à la fois
Ce qui distingue Jokic, au-delà des trophées, c’est cette polyvalence presque irréelle. Sur une même possession, il peut poser un écran, ressortir à trois points, attaquer en dribble ou délivrer une passe aveugle dans le dos de la défense. Peu de pivots dans l’histoire ont combiné vision du jeu, toucher extérieur et sens du timing à ce niveau.
Statistiquement, il rivalise déjà avec les plus grands pivots de tous les temps. Mais réduire Jokic aux chiffres serait passer à côté de l’essentiel. Son jeu fluidifie celui de toute l’équipe et donne confiance à ses coéquipiers. Lorsqu’il décide de scorer, il peut enchaîner les paniers sans forcer. Lorsqu’il privilégie la passe, il peut terminer avec quinze assists presque sans s’en rendre compte.
Certains critiques continuent pourtant de pointer ses limites défensives ou son langage corporel parfois impassible. Il n’a pas le profil athlétique spectaculaire d’autres légendes à son poste. Mais son placement, sa lecture des trajectoires et son anticipation compensent largement ce déficit d’explosivité. Défendre ne se résume pas à sauter plus haut que les autres, et Jokic l’a compris depuis longtemps.
L’éloge d’Adelman reflète une réalité que la ligue observe chaque soir. Jokic n’entre dans aucune case traditionnelle et oblige les analystes à repenser les comparaisons historiques. Il ne domine pas comme les anciens, il domine autrement. Et c’est précisément cette différence qui nourrit l’idée qu’il est, comme le dit son entraîneur, un joueur véritablement unique.
