Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
Stephen Curry continue d’empiler les tirs primés comme si le temps n’avait aucune prise sur lui. À 37 ans, il reste en tête de la ligue au nombre de paniers à trois points inscrits par match et alimente encore un peu plus son dossier dans la discussion du meilleur shooteur de tous les temps. Pourtant, tout le monde n’est pas prêt à lui attribuer ce titre.
Tim Hardaway Sr., ancien meneur emblématique des Warriors version “Run TMC”, voit les choses différemment. Pour lui, le meilleur tireur qu’il ait jamais vu ne s’appelle pas Stephen Curry, mais Chris Mullin, son ancien coéquipier. Un choix qui surprend à l’ère des records et des volumes historiques de tirs longue distance.
Invité sur un podcast, Hardaway a assumé son opinion sans détour. « Vous n’avez jamais vu Chris Mullin. Je vais vous dire une chose : je n’ai pas vu Chris Mullin rater pendant deux heures et demie », a-t-il affirmé. Il a ajouté : « Je n’ai jamais été dans la salle avec Steph Curry, comme vous n’avez jamais été dans la salle avec Chris Mullin. Vous pensez que Steph est meilleur, mais vous n’avez jamais été dans la salle avec lui ». Pour lui, l’expérience vécue en entraînement compte autant que les chiffres officiels.
Le poids des chiffres face au souvenir
Chris Mullin était l’un des shooteurs les plus raffinés de son époque. Il a terminé sa carrière avec plus de 38 % de réussite à trois points, avec plusieurs saisons au-dessus des 40 %. À une époque où le tir extérieur était moins central dans les systèmes offensifs, ses volumes restaient logiquement plus faibles que ceux d’aujourd’hui.
En revanche, les statistiques de Curry évoluent dans une autre dimension. Plus de 4 000 tirs à trois points inscrits en carrière, un record de 402 sur une seule saison, un pourcentage supérieur à 42 % sur un volume massif, sans oublier deux titres au concours à trois points. Son impact dépasse les chiffres : il a transformé la manière dont le jeu est pratiqué.
Comparer les deux joueurs implique aussi de replacer leurs performances dans leur contexte historique. Mullin évoluait dans une ligue où le tir longue distance n’était pas une priorité stratégique. Curry, lui, est devenu le symbole d’une révolution offensive, influençant toutes les équipes, des jeunes catégories à la NBA.
L’argument de Hardaway repose davantage sur le ressenti et l’expérience personnelle que sur l’analyse statistique. Avoir partagé le quotidien d’un joueur peut modifier la perception de son talent. Voir un shooteur enchaîner les paniers à l’entraînement marque forcément les esprits.
