Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Habituée à faire parler les autres, Karine Le Marchand a cette fois accepté de se livrer sur son propre parcours. Invitée sur un plateau qu’elle connaît bien en tant que téléspectatrice, l’animatrice a évoqué un pan intime et douloureux de son histoire familiale. Des confidences rares, livrées sans détour, qui ont marqué l’émission.
Figure incontournable du paysage audiovisuel français, Karine Le Marchand était l’invitée de Michel Drucker dans Vivement dimanche, diffusée sur France 3. Connue pour recueillir les confidences de ses invités dans L’amour est dans le pré ou encore Une ambition intime, l’animatrice s’est retrouvée cette fois de l’autre côté. Face à l’homme du canapé rouge, elle est revenue sur son enfance et sur l’absence marquante de son père.
Au fil de l’entretien, Karine Le Marchand a expliqué avoir grandi sans figure paternelle, après le divorce précoce de ses parents. Un éloignement définitif, qui n’a laissé place qu’à une rencontre tardive, lourde de désillusions. C’est en évoquant ce souvenir précis que l’animatrice de 57 ans a livré des mots particulièrement forts :
« Mes parents ont divorcé quand j’avais un an et demi. Et on ne l’a quasiment jamais revu. Je l’ai revu plus tard. Ce n’était pas quelqu’un de bien. Et puis, moi, je suis très contente de ne pas l’avoir connu finalement, parce que je pense qu’il m’aurait fait du mal. »
Des propos qui ont suscité la réaction de Michel Drucker, évoquant une anecdote restée célèbre autour de cette rencontre tardive au Burundi. L’animatrice a alors tenu à rétablir les faits, avant de raconter plus précisément les circonstances de ces retrouvailles inattendues, survenues près de trente ans plus tard, presque par hasard. Elle expliquait ainsi avoir provoqué ce rendez-vous alors qu’elle était en tournage, allant jusqu’à demander à son équipe de capter l’échange.
Cette rencontre, filmée et conservée sur cassette, a cependant pris une tournure amère. Karine Le Marchand a raconté comment son père, fragile et porté sur l’alcool, avait peu à peu profité de sa présence, au point de lui coûter financièrement une part importante de son salaire. Une anecdote racontée sans colère, mais avec un détachement révélateur du chemin parcouru.
Avec le recul, l’animatrice a affirmé avoir compris que cette absence avait finalement été une protection. Une prise de conscience qui l’a amenée à remettre en question la vision idéalisée de la famille, souvent présentée comme un pilier indéfectible. Elle l’expliquait avec une grande lucidité :
« J’ai pris conscience de la chance que j’ai eue de ne pas le connaître. On dit toujours : “Ce qui est le plus important c’est la famille”, moi je pense que ce n’est pas vrai. La famille, on se la construit, quand on a une famille toxique, il faut savoir en partir. Moi, ma famille, c’est beaucoup mes amis aussi. »
Avant de conclure cet échange intime, Karine Le Marchand a tenu à rappeler l’importance des liens choisis, parfois plus solides que ceux du sang. Une vision apaisée, forgée par l’expérience, qu’elle résumait simplement :
« On est une petite famille de sang, mais ma famille de cœur, elle est très importante. »
À travers ces confidences rares, l’animatrice a montré un visage profondément humain, loin des projecteurs et des formats qu’elle anime. Une parole sincère, assumée, qui éclaire autrement son parcours et sa force tranquille.
