Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
La montée en puissance de Victor Wembanyama ne se limite plus aux statistiques spectaculaires. À San Antonio, l’impression dominante est que quelque chose d’inhabituel est en train de se construire. Dix victoires consécutives, des succès face à des prétendants déclarés et une confiance collective grandissante : les Spurs ne ressemblent plus à une simple équipe en développement.
Wembanyama affiche 24 points, plus de 11 rebonds et près de 3 contres de moyenne, tout en pesant des deux côtés du terrain. Mais au-delà des chiffres, c’est l’impact sur la structure défensive et le rythme du match qui intrigue les observateurs. Son influence transforme les possessions adverses et donne à San Antonio une identité claire.
Brian Windhorst fait partie de ceux qui refusent désormais de minimiser ce potentiel. « J’ai déjà réservé des hôtels à San Antonio. Victor Wembanyama est tellement spécial. Quand je vois comment ces gars défendent, je retire l’impossible de l’équation. La dernière fois qu’on a vu une équipe sans expérience commune en playoffs atteindre les Finales, c’était l’équipe de Shaq à Orlando dans les années 90. » La comparaison est lourde de sens.
Un précédent nommé Shaq
Windhorst va même plus loin dans son raisonnement. « Shaq et Wemby. Peut-être qu’on a un Shaq ici. Je ne sais pas, mais je ne l’écarte pas. Je prends les Spurs très, très au sérieux. » L’analyste d’ESPN rappelle que Shaquille O’Neal avait mené le Orlando Magic jusqu’aux Finales en 1995 après seulement quelques saisons dans la ligue, remportant 12 matchs de playoffs au passage.
À l’époque, O’Neal avait bouleversé la hiérarchie par sa domination physique et son impact immédiat. Même si Houston avait balayé Orlando en Finales, cette épopée avait marqué un tournant. L’idée qu’un joueur générationnel puisse accélérer brutalement le calendrier d’une franchise n’est donc pas inédite.
Fait intéressant, Shaquille O’Neal lui-même a fini par reconnaître la singularité du Français. « Il a ajouté une catégorie entière que je n’avais jamais vue chez un pivot… Moi, j’avais ce moment “Aha” une fois sur 60 matchs. Lui, il a ce moment à chaque match. Je l’ai vu passer entre les jambes, derrière le dos, reculer et mettre un trois points. C’est une race différente. » Des mots forts venant d’un joueur rarement avare en critiques.
Reste à savoir si Wembanyama est prêt pour une accélération aussi brutale que celle de Shaq en 1995. Windhorst, lui, refuse d’écarter le scénario. Et lorsque l’impossible commence à disparaître du débat, cela signifie souvent qu’une équipe a franchi un cap.
