Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
Les statistiques au lancer franc sont souvent considérées comme l’un des indicateurs les plus stables chez un joueur NBA. Contrairement au tir extérieur ou à l’explosivité, cette compétence évolue généralement peu avec l’âge, surtout chez les meneurs et les arrières. Pourtant, Russell Westbrook fait partie des rares exceptions, lui qui est passé d’un tireur très fiable à un joueur nettement plus irrégulier dans cet exercice au fil des saisons.
Pendant longtemps, cette baisse de réussite a été attribuée à l’âge, à la fatigue ou simplement à une perte de confiance. Mais l’ancien MVP a récemment donné une explication bien différente, en évoquant un changement de règlement qui l’aurait obligé à modifier une routine qu’il utilisait depuis le lycée. Un détail en apparence anodin, mais qui aurait eu un impact réel sur sa mécanique et son confort au moment de tirer.
Westbrook a expliqué que la NBA lui avait interdit de continuer son ancien rituel, qui consistait à marcher derrière la ligne à trois points entre deux lancers. « J’ai dû changer ma routine. Avant, je tirais puis je marchais derrière la ligne à trois points, mais avec les nouvelles règles je n’ai plus le droit de faire ça. Je faisais ça depuis le lycée, donc je dois trouver autre chose, prendre une respiration et m’adapter. Ça va aller. »
Une chute statistique difficile à expliquer
Pendant la première partie de sa carrière, Westbrook était pourtant l’un des meneurs les plus fiables sur la ligne. Sur huit de ses neuf premières saisons, il tournait au-dessus des 80 %, une régularité rare pour un joueur aussi explosif et aussi sollicité offensivement. Même lors de sa saison la moins efficace à cette époque, il restait largement au-dessus de la moyenne de la ligue.
Depuis plusieurs années, la tendance s’est complètement inversée. Westbrook enchaîne désormais les saisons autour des 60 %, une baisse importante pour un arrière, surtout pour un joueur qui avait montré autant de constance auparavant. Cette évolution a surpris de nombreux observateurs, car les lancers francs sont généralement la compétence qui résiste le mieux au temps.
Le changement de règle auquel il fait référence remonte à la décision de la ligue d’accélérer le rythme des lancers, en limitant les déplacements des joueurs pour éviter de perdre du temps. Pour Westbrook, ce détail a suffi à casser une habitude installée depuis des années, et dans un geste aussi répétitif que le tir, la moindre modification peut perturber les repères.
Quoi qu’il en soit, cette explication ne convainc pas tout le monde, certains estimant que la baisse de réussite s’explique davantage par l’usure physique et la pression accumulée au fil d’une carrière très intense. Mais pour Westbrook, la clé reste mentale et liée à ses sensations, et il continue de chercher le bon équilibre pour retrouver la confiance qu’il avait autrefois sur la ligne.
