Dépassant les bornes, les propos terribles de Serge Gainsbourg : « J’y ai pensé oui, c’est pas une…

Serge Gainsbourg
INA (DR)

Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

Dépassant les bornes, certains propos de Serge Gainsbourg continuent de susciter un profond malaise, des décennies après sa disparition. Artiste majeur et provocateur assumé, il a longtemps joué avec les limites de l’acceptable. Mais à la lumière des standards actuels, certaines déclarations prennent une dimension autrement plus troublante. Des mots qui interrogent autant qu’ils dérangent.

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Figure centrale de la chanson française du XXe siècle, Serge Gainsbourg a construit une œuvre immense tout en cultivant une image volontairement sulfureuse. L’homme à la tête de chou, connu pour ses provocations médiatiques et son goût pour la transgression, a souvent brouillé la frontière entre posture artistique et convictions personnelles. Dans ses dernières années, marquées par les excès et les sorties chocs, il a multiplié les déclarations ambiguës, notamment sur des sujets sensibles liés à la sexualité.

Si certaines facettes de sa vie privée ont pu être évoquées sans susciter de controverse majeure à l’époque, d’autres propos, eux, résonnent aujourd’hui avec une gravité toute particulière. En 2021, Jane Birkin, compagne emblématique du chanteur et mère de Charlotte Gainsbourg, est revenue sur un aspect méconnu de sa personnalité lors d’un entretien autour du livre Journal sexuel d’un garçon d’aujourd’hui de Arthur Dreyfus. Elle y déclarait :

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« Serge aimait toujours les garçons qui chantaient dans les chorales… Il aimait les garçons, d’ailleurs, donc c’est un côté de lui ambigu. Il était probablement bisexuel. »

Une déclaration qui appelle à la prudence dans son interprétation, mais qui s’inscrit dans une série de propos troublants attribués à l’artiste. Parmi eux, une phrase rapportée par Arthur Dreyfus, qui a depuis largement circulé :

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« Les femmes ? Une façon élégante de ne pas tomber dans la pédérastie. »

Loin d’être de simples rumeurs, certaines de ces sorties ont été confirmées par Serge Gainsbourg lui-même lors d’interviews télévisées. Face à Thierry Ardisson, le chanteur avait tenu un échange particulièrement choquant :

Ardisson : « Et si tu étais une perversion, tu serais quoi ? Je sais pas, tu serais pédéraste ? »
Gainsbourg : « Oh j’y ai pensé, c’est pas une perversion ».
Ardisson : « T’as essayé, non ? »
Gainsbourg : « Faut pas mourir idiot »

Avec le recul, ces propos apparaissent aujourd’hui profondément dérangeants. Ils témoignent d’une époque où la provocation pouvait masquer, voire banaliser, des déclarations qui seraient désormais immédiatement condamnées. Le goût de Serge Gainsbourg pour le scandale a souvent nourri sa légende, mais certaines paroles dépassent largement le cadre de la simple posture artistique.

Si son héritage musical demeure immense et continue d’influencer de nombreux artistes, ces zones d’ombre rappellent que le génie n’exclut pas la controverse. Elles invitent surtout à relire certaines figures du passé avec lucidité, sans occulter ce qui, aujourd’hui, ne peut plus être ignoré.

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