Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Icône du cinéma français, Mylène Demongeot a longtemps symbolisé une féminité aussi glamour qu’indépendante. Derrière l’image de sex-symbol adulé dans les années 1950 et 1960, se dessinait pourtant une femme de caractère, attachée à ses convictions. Dans l’intimité, la comédienne n’a jamais transigé sur certains principes. Et elle n’hésitait pas à les rappeler, sans détour.
Figure très connue du cinéma français, Mylène Demongeot a traversé les décennies en imposant un style et une parole libres. Révélée très jeune au grand public, l’actrice a rapidement accédé au rang de star, avant de faire un choix inattendu : mettre sa carrière entre parenthèses pour vivre pleinement son histoire avec Marc Simenon, fils de Georges Simenon. Un virage assumé, mais qui ne signifiait en rien qu’elle renonçait à son indépendance dans la sphère privée.
Au fil des années, celle qui a marqué toute une génération par sa beauté et son tempérament s’est livrée avec franchise sur cette relation fondatrice. Loin des clichés, elle décrivait un amour intense, rare, qui a profondément influencé sa vie personnelle et ses choix. Dans un entretien accordé au Journal des Femmes, la comédienne confiait ainsi :
« L’amour fou ? C’est Rencontrer un homme pour qui il semblerait que vous êtes faite et qui est fait pour vous. Quand ça colle, physiquement et psychiquement, c’est un tel cadeau que je lui suis restée fidèle toute ma vie. J’étais tellement bien avec lui, même après avoir vécu des épreuves très dures. Il est parti en 1999, mais je n’en ai pas pris un autre. De toute façon, un homme ça m’a suffi ! »
Fidèle en amour, Mylène Demongeot ne se définissait pourtant pas par une vision traditionnelle du couple. Bien au contraire. Refusant les rôles imposés aux femmes de son époque, elle avait posé très tôt ses propres règles, notamment en ce qui concerne la vie domestique, un terrain sur lequel elle n’a jamais cédé. Toujours auprès du Journal des Femmes, elle expliquait avec humour et fermeté :
« (rires) Je n’ai jamais fait le ménage… La première fois que Marc m’a demandé de repasser sa chemise, j’ai pris le fer à repasser et je l’ai laissé brûler sur sa chemise en lui disant : « Ne me demande pas ce genre de choses » (rires). Je veux bien que l’on partage les tâches, mais il est hors de question que je fasse tout ! Je suis née d’une femme libre. Je n’ai rien contre les femmes qui tiennent leur maison tandis que l’homme travaille, si la décision est prise d’un commun accord, mais beaucoup d’hommes ont encore tendance à considérer les femmes comme des potiches. »
Un discours en avance sur son temps, qui tranche avec l’image souvent figée des actrices de cette génération. Si elle a choisi de soutenir son compagnon en mettant sa carrière en retrait, la comédienne n’a jamais accepté de renoncer à sa liberté personnelle ni à ses convictions profondes.
Elle assumait d’ailleurs pleinement ce choix de vie, sans l’ombre d’un regret, comme elle le détaillait avec lucidité :
« Il ne faut rien regretter ! Quand j’ai rencontré Marc, j’ai eu envie de le soutenir dans sa carrière. La mienne était déjà faite. Entre 20 et 27 ans, j’ai eu tous les voyages, les honneurs, le luxe. J’étais traitée comme une reine, j’allais dans des endroits fabuleux. Au final, qu’est-ce qu’on en a à foutre d’avoir un bungalow avec piscine si l’on est seule dedans ? À moins de prendre un mec et coucher avec lui… mais ce n’est pas mon plaisir d’être avec un type juste pour qu’il me tienne compagnie. »
À travers ces confidences, se dessine le portrait d’une femme profondément libre, bien loin des clichés qui ont longtemps entouré les icônes de son époque. Refusant les compromis imposés et revendiquant ses choix, Mylène Demongeot a tracé sa route à sa manière, entre amour absolu et indépendance assumée.
