Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
Kevin Durant a dominé la NBA sous plusieurs formes au fil de sa carrière, mais certains observateurs estiment qu’une version précise surpasse toutes les autres. Un débat relancé récemment oppose vision individuelle et réussite collective autour de son meilleur niveau.
LeBron James n’a pas voulu trancher lorsqu’il a évoqué Kevin Durant, préférant souligner que toutes ses versions étaient quasiment injouables. Une manière de valoriser la longévité et l’adaptabilité d’un scoreur capable d’exceller dans n’importe quel contexte, sans forcément désigner un sommet précis dans sa carrière déjà exceptionnelle.
Gilbert Arenas, lui, n’a pas hésité à prendre position. Fidèle à son style direct, il rejette l’idée que les années avec Stephen Curry représentent le pic de Durant. À ses yeux, le véritable niveau ultime ne se mesure pas à l’efficacité dans un système collectif dominant, mais à la capacité d’un joueur à porter une attaque seul, face à des défenses entièrement focalisées sur lui.
Une domination individuelle jugée incomparable
Pour Arenas, la saison 2013-2014 reste la référence absolue. Cette année-là, Durant tournait à 32 points de moyenne, imposant un rythme infernal à toutes les défenses. Peu importe les schémas ou les prises à deux, rien ne semblait pouvoir ralentir un joueur capable de marquer dans toutes les situations, avec une régularité presque mécanique.
Il insiste d’ailleurs sur le contexte pour appuyer son argument : « Je dois enlever le talent autour. Parce qu’un joueur devient indéfendable quand tu mets plus de talent avec lui. Quand on me dit ‘avec Steph’, oui… parce que tu ne peux pas le doubler. Mais ce n’est pas sa meilleure version, parce qu’il n’a pas besoin de faire du Durant à fond. » Une manière de remettre en avant la difficulté réelle des défenses à cette époque.
Dans la continuité, Arenas va encore plus loin dans son raisonnement, résumant sa vision avec une formule marquante : « La meilleure version pour moi, c’est quand on doit tous te quadrupler et que tu continues quand même à briller. » Une définition claire de l’inarrêtable, basée sur la pression défensive maximale et la capacité à produire malgré tout.
Ce point de vue met en lumière une opposition classique dans l’analyse NBA : la domination pure contre l’efficacité collective. Là où certains valorisent les titres et le contexte favorable, Arenas privilégie la difficulté individuelle. Dans cette logique, un Durant obligé de tout créer lui-même représente un défi bien plus grand pour les défenses qu’un Durant intégré dans une machine offensive déjà élite.
