Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Avant de devenir une figure majeure de la chanson française, Florent Pagny a d’abord exploré une autre voie artistique. Au début des années 1980, encore inconnu, il fait ses premiers pas au cinéma et croise la route d’un monument du septième art. Une rencontre marquante avec Jean-Paul Belmondo, dont il garde un souvenir intact. Et ses confidences en disent long sur l’homme derrière la légende.
Figure aujourd’hui incontournable de la scène musicale, Florent Pagny s’est longtemps cherché avant de trouver sa voie. Originaire de Chalon-sur-Saône, il débute comme comédien et enchaîne les expériences au cinéma. C’est dans ce contexte qu’il décroche un rôle dans L’as des as, immense succès populaire réalisé par Gérard Oury. Face à lui, Jean-Paul Belmondo incarne un personnage charismatique et central, au sommet de sa popularité.
Dans ce film, le futur interprète de Savoir aimer joue un jeune boxeur, membre de la délégation française aux Jeux olympiques de Berlin en 1936. Une expérience unique pour celui qui n’est alors qu’au début de son parcours. Des années plus tard, invité sur RTL, il se remémore cette rencontre avec une émotion toujours palpable :
« Imaginez à mon âge, passer dix jours avec Jean-Paul Belmondo… C’était juste un rêve, un fantasme. Tu vois une icône et le mec est juste accessible et sympathique. Il est rempli d’empathie. Il te regarde, il sourit… »
Au-delà de cette première expérience, Florent Pagny souligne aussi la fidélité et la mémoire de l’acteur, qui n’a jamais oublié ce jeune comédien croisé sur un tournage. Une reconnaissance qui l’a profondément marqué au fil du temps :
« À la suite de cette aventure, bien sûr que dès qu’on se croisait, c’était toujours un plaisir de se retrouver ou d’échanger quelques mots. Parce qu’il se rappelait du petit boxeur, qui n’était pas vraiment boxeur mais bon, qui venait et puis qui un jour s’est mis à chanter. Et il voit tout ça se dérouler, il était content et fier même. »
Si cette parenthèse cinématographique reste importante dans son parcours, Florent Pagny n’a jamais regretté d’avoir finalement choisi la musique. Il revient d’ailleurs avec lucidité sur cette période et sur sa carrière d’acteur restée limitée :
« Ce film résume assez bien ma carrière d’acteur. C’est-à-dire que c’est très limité, je suis le Poulidor du casting, j’arrive toujours le deuxième ! Si je le regrette ? Ah ben non, au contraire même. D’abord, mon univers c’est beaucoup plus la chanson, la musique. Et ensuite, vous vous rendez compte le film que je vis ? Je ne peux pas le laisser pour aller au cinéma. Mais aussi le cinéma qui me l’a permis en ne me proposant rien, en ne venant jamais me chercher. S’ils revenaient aujourd’hui ? Non, c’est trop tard. »
À travers ces souvenirs, c’est une image profondément humaine de Jean-Paul Belmondo qui se dessine. Loin des clichés de star inaccessible, l’acteur a marqué ceux qui l’ont approché par sa simplicité et sa bienveillance. Un héritage que Florent Pagny continue de faire vivre, des décennies après cette rencontre fondatrice.
