Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Habitué aux sorties sans filtre, Jean-Marie Bigard n’a jamais esquivé les sujets sensibles. Avec le temps, l’humoriste est notamment revenu sur une période sombre de la vie de Pierre Palmade, marquée par les excès et les dérives. Des confidences qui, aujourd’hui encore, résonnent comme un avertissement… et plongent dans les coulisses d’une époque où la fête côtoyait dangereusement l’autodestruction.
Figure très connue de l’humour français, Jean-Marie Bigard connaît Pierre Palmade depuis plusieurs décennies. Les deux hommes ont partagé les scènes, les succès, mais aussi les dérives d’un milieu artistique où les excès étaient parfois banalisés. Derrière l’image publique, l’ancien complice décrit un quotidien bien plus inquiétant, rythmé par une consommation de drogue incontrôlée et une incapacité à s’arrêter.
Invité sur le plateau de Touche pas à mon poste en octobre 2023, quelques mois après le terrible accident causé par Palmade sous l’emprise de drogue et d’alcool, Jean-Marie Bigard revenait sur les années 1990, période durant laquelle la cocaïne s’était largement installée dans les nuits parisiennes :
« Le gros problème, c’est qu’à cette époque-là il y avait la fête et l’après la fête. Donc au lieu d’aller se coucher comme n’importe quelle personne un peu ivre à 5 heures du matin, tu prends de la cocaïne, et à midi tu es frais comme un gardon.
Il y a un moment où la plupart des gens se disent qu’il faut stopper parce que le lendemain ils travaillent. Le stop de l’époque c’était un Lexomil et tu fais dodo, tu t’endors, et lendemain est une autre journée. Pierre n’a pas d’autre journée. Lui, il n’en a qu’une à vivre tout le temps, jusqu’à ce qu’il tombe par terre ou qu’il déambule dans la rue en ne sachant même plus comment il s’appelle… »
Dans la suite de ses confidences, l’humoriste insiste sur l’impossibilité pour Pierre Palmade de poser des limites, malgré les nombreuses mises en garde de son entourage proche :
« Son problème à Pierre, c’est le stop. On lui a dit, on lui a rabâché Muriel Robin et moi. On lui disait : ‘Stop, tu es au deuxième jour, prends un truc, dors et tu verras si tu refais la fête un autre jour’. Mais ça ne s’arrêtait jamais. Je n’ai jamais compris comment il pouvait tenir physiquement. »
Face à cette spirale incontrôlable, Jean-Marie Bigard et ses proches en étaient venus à formuler une prédiction aussi brutale que révélatrice de leur inquiétude :
« Quand on s’est connu il y a trente ans, on se disait : ‘Pierre Palmade, dans deux ans, il sera mort’. On se disait vraiment ça. »
Avec le recul, ces propos témoignent de la gravité d’une situation qui, à l’époque, semblait sans issue, et qui présageait du drame de 2023. Si Pierre Palmade a survécu à ces années d’excès, les souvenirs partagés par Jean-Marie Bigard rappellent la profondeur de son problème avec la « fête ». Une histoire qui éclaire les dangers d’une vie sans limites, et la difficulté de sortir de certaines spirales.
