Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Connue pour son franc-parler et son goût assumé de la provocation, Béatrice Dalle n’a jamais cherché à adoucir son image. Depuis ses débuts, la comédienne cultive une liberté de ton rare, quitte à déranger. Certaines de ses confidences continuent d’ailleurs de susciter malaise et incompréhension, tant elles repoussent les limites du dicible.
Figure à part du cinéma français, Béatrice Dalle s’est révélée au grand public dans 37°2 le matin avant de tracer un parcours singulier, loin des conventions. Collaborant avec des réalisateurs exigeants, elle s’est imposée comme une actrice à l’identité forte, revendiquant une forme de marginalité autant dans ses choix artistiques que dans sa vie personnelle. Une posture assumée, qui se retrouve dans chacune de ses prises de parole.
Habituée à bousculer les codes, l’actrice ne filtre jamais ses propos lorsqu’elle évoque des sujets intimes. Dans un entretien accordé à L’Obs, elle se définissait elle-même en des termes particulièrement radicaux, ceux de « sadomachiste chrétienne ».
Une manière pour elle d’assumer un lien étroit entre spiritualité, douleur et désir, dans une vision où les frontières traditionnelles s’effacent. Une approche déroutante, mais cohérente avec une personnalité qui refuse toute forme de normalisation.
Mais c’est une autre confidence, bien plus concrète, qui a marqué les esprits. Invitée sur France 3 en 2016, Béatrice Dalle est revenue sur une période trouble de sa vie, évoquant des pratiques aussi marginales que choquantes :
« Aujourd’hui, je ne vais plus dans les morgues avec mes potes ‘zicos. On a fait ça deux, trois fois, pour gagner un peu de sous. Personne n’est venu se plaindre. Ça ne m’effrayait pas. Même une fois on s’était fait un plat, on voulait le manger parce qu’on avait pris un acide… Alors, tu sais, on peut bien couper des mains quand on pense à le manger… »
Un récit déjà difficile à entendre, livré sans détour. Mais l’actrice va encore plus loin dans son anecdote, franchissant une limite rarement évoquée publiquement :
« On a goûté, c’était de l’oreille. Ohlala ! C’est pas grave. De toute façon, le mec ne s’est pas plaint hein, il ne sait même pas que j’ai mangé ses oreilles ! »
Des propos qui continuent, aujourd’hui encore, de provoquer une vive réaction. Entre provocation assumée et récit d’excès, Béatrice Dalle entretient volontairement le flou, fidèle à une trajectoire construite en dehors des normes. Une manière, aussi, de ne jamais laisser indifférent, quitte à choquer durablement.
