Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Derrière son image de comédien populaire, Franck Dubosc a longtemps dissimulé une réalité bien moins légère. À 62 ans, l’acteur revient sans détour sur une période marquée par une dépendance envahissante. Une facette plus sombre de sa vie qu’il n’a jamais cherché à minimiser. Et qui, aujourd’hui encore, continue de résonner.
Figure incontournable du cinéma français, Franck Dubosc s’est imposé au fil des années comme un visage familier du grand public, notamment grâce à son personnage de Patrick Chirac. Mais derrière cette image joviale, l’ancien stand-uppeur a traversé une phase bien plus préoccupante. Au moment où sa carrière prenait de l’ampleur, il faisait face à une addiction qui dictait son quotidien et mettait en péril sa santé.
Habitué à manier l’autodérision, le comédien n’a jamais caché l’emprise que le tabac avait exercée sur lui. Une dépendance installée progressivement, jusqu’à devenir omniprésente. Chaque journée s’organisait autour de cette habitude, transformant son rapport au corps et au temps. Une spirale dont il a mis du temps à mesurer pleinement les conséquences.
Invité dans le podcast Contre-addictions, Franck Dubosc est revenu avec précision sur cette période charnière, évoquant notamment le moment où tout a basculé :
« Je fumais trop, jusqu’à deux paquets par jour… Je n’en pouvais plus, je ne vivais qu’entre deux cigarettes. Un moment je me fais opérer des cordes vocales et je me dis : ‘ça va être l’occasion, après ça j’arrête, j’arrête de fumer, mais après (…) je fumerai encore un peu.’ Donc je n’écrase pas la dernière cigarette. Je me fais opérer des cordes vocales et là le médecin me dit : ‘On a enlevé une zone plus dure, on va l’analyser, si ce n’est pas cancéreux je vous conseillerai d’arrêter, sinon ça reviendra’. Cette phrase, ainsi que la mort de mon parrain des suites d’un cancer du poumon, a été un déclic’.»
Nous sommes alors en 2000. À seulement 37 ans, l’acteur prend conscience du danger et décide de changer radicalement de mode de vie. Une décision difficile, mais nécessaire, qui marque un véritable tournant dans son existence. L’arrêt du tabac s’accompagne toutefois d’autres bouleversements, comme il l’explique lui-même.
Toujours dans le même podcast, il confie avec franchise les conséquences de ce sevrage :
« J’ai pris du poids quand j’ai arrêté de fumer, on se met à bouffer (…) j’adore les bonbons. Mais je n’ai jamais plus fumé. Je n’aime pas le sport, mais j’en fais tous les jours. C’est une horreur pour moi. Mais ouais, j’ai arrêté à 37 ans et je me suis mis à bouffer des bonbons ! »
Avec le recul, Franck Dubosc considère aujourd’hui cet épisode comme un électrochoc salvateur. Une prise de conscience brutale qui lui a permis de préserver sa santé et de poursuivre sa carrière sur la durée. Son témoignage, loin de toute complaisance, rappelle combien certaines addictions, même banalisées, peuvent profondément impacter une vie.
