À sa demande, les 4 substances totalement bannies des plateaux des émissions de Nagui : « Je ne…

Nagui
France TV (DR)

Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

Animateur phare du paysage audiovisuel français, Nagui ne se limite plus à divertir les téléspectateurs. Depuis plusieurs années, il s’impose aussi comme une voix engagée sur les questions écologiques, quitte à transformer en profondeur le fonctionnement de ses propres émissions. Une implication qui dépasse largement les discours, avec des mesures concrètes appliquées au quotidien sur ses plateaux.

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Figure incontournable de France 2, l’animateur de N’oubliez pas les paroles a progressivement fait évoluer ses pratiques professionnelles en accord avec ses convictions personnelles. Pour Nagui, l’écologie ne doit pas rester un principe abstrait, mais s’incarner dans des choix tangibles, y compris dans le milieu de la télévision. Une démarche amorcée sur le long terme, loin de tout effet de mode, et qui s’est construite étape par étape.

Dans un entretien accordé au magazine Femina en 2022, il revenait justement sur cette prise de conscience progressive, évoquant une évolution personnelle plutôt qu’un changement brutal :

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« Ma conscience écologique n’a ni été une révélation ni un combat de toujours, mais une évolution plus qu’une révolution »

Avant d’expliquer combien sa vie de famille avait contribué à cette réflexion, notamment à travers des gestes du quotidien devenus naturels avec le temps :

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« Déjà, en devenant père de famille, en recyclant les vêtements d’un enfant à l’autre… »

Mais le véritable tournant intervient plus tard, nourri par des lectures et des documentaires marquants, qui ont profondément influencé son mode de vie et celui de son entourage :

« Le vrai déclic a été la découverte des livres de Pierre Rabhi, de documentaires comme Demain, de Mélanie Laurent et Cyril Dion. Et puis une amie nous a montré des images de souffrance animale dans les abattoirs. Mon épouse et moi sommes alors devenus végétariens, en laissant nos enfants libres de manger ce qu’ils veulent chez des amis ou à la cantine. »

Cette transformation personnelle s’est ensuite directement répercutée dans son univers professionnel. Sur ses plateaux, certaines pratiques ont tout simplement disparu, au profit d’un fonctionnement plus responsable et assumé. L’animateur détaille ainsi les mesures mises en place, qui concernent notamment l’alimentation et les déchets :

« Chez nous, il n’y a ni viande ni poisson. Sur les plateaux télé comme à la maison, il n’y a plus de bouteilles en plastique. Pour éviter les emballages, on est passé au vrac sur les tournages. Une personne sert des amandes, des fruits secs, mais plus du tout de bonbons, comme avant. Le sucre est une drogue, je ne veux plus le cautionner. »

Au-delà de ces interdictions, Nagui insiste également sur l’organisation mise en place pour limiter le gaspillage alimentaire et favoriser la solidarité. Une logique qui s’applique aussi bien aux équipes qu’aux invités présents lors des tournages :

« Pendant les émissions, on sert à nos techniciens et à nos invités des plats bio. Chacun choisit la quantité qu’il souhaite, ça évite le gaspillage. Quand les repas sont finis, ce qui n’a pas été consommé – mais qui est propre à la consommation, bien sûr – est donné aux Restos du Cœur. »

Enfin, l’animateur rappelle que l’engagement écologique ne se limite pas à quelques grandes décisions, mais repose aussi sur une multitude de gestes du quotidien, parfois inattendus, qu’il assume pleinement malgré quelques (grosses) incohérences par ailleurs :

« Il y a cent cinquante gestes possibles. L’autre jour, j’ai déclaré faire pipi sous la douche et les gens ont réagi. Mais je trouve hallucinant de jeter six litres d’eau potable parce que je suis allé faire mon petit “pissou” du matin ! Et quand je me lave, je sélectionne une chanson courte sur mon téléphone et je dois avoir terminé à la fin du titre. »

À travers ces choix radicaux, Nagui impose désormais une ligne claire sur ses plateaux : exit la viande, le poisson, le plastique et le sucre. Une manière pour lui de concilier visibilité médiatique et responsabilité écologique, en espérant inspirer, à son échelle, des changements durables dans les habitudes.

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