Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
Le cas Jayson Tatum intrigue cette saison. Moins dominant au scoring, plus impliqué ailleurs, l’ailier des Celtics semble avoir changé de registre. Un ajustement volontaire qui ne doit rien au hasard et qui commence à porter ses fruits collectivement.
Le retour de Tatum après sa blessure au tendon d’Achille avait suscité quelques inquiétudes à Boston. Certains se demandaient si son intégration allait perturber l’équilibre trouvé autour de Jaylen Brown. Pourtant, après plusieurs matchs, la dynamique est claire : l’équipe tourne mieux, enchaîne les victoires et affiche une cohésion renforcée, preuve que les ajustements ont été bien assimilés.
Mais ce nouveau visage s’accompagne d’un changement visible dans son jeu. Moins efficace au tir que lors des saisons précédentes, Tatum affiche des pourcentages en baisse. Une situation qui pourrait inquiéter, sauf que son impact se mesure désormais autrement, notamment à travers le rebond, la création et une présence constante dans les moments clés, sans chercher à forcer son scoring.
Un rôle redéfini mais assumé
Pour Kendrick Perkins, cette évolution est loin d’être un problème, bien au contraire. « Jayson Tatum est phénoménal. Je me fiche de ses pourcentages au tir, mais quand tu vois 13 rebonds et huit passes, ça montre qu’il accepte d’être le Robin de Jaylen Brown cette saison. Il est totalement investi dans ce que l’équipe doit faire pour être à son meilleur niveau », analyse-t-il, mettant en avant l’état d’esprit du joueur.
Derrière cette lecture, les chiffres confirment une redistribution des responsabilités. Là où Tatum dominait les possessions auparavant, Brown a pris le relais cette saison. Les tentatives, l’usage offensif et même la création ont évolué, traduisant une adaptation naturelle. Tatum, lui, compense en étant plus complet que jamais, avec des moyennes au rebond et à la passe parmi les plus élevées de sa carrière.
Cette transformation n’est pourtant pas vécue comme un sacrifice en interne. Tatum lui-même insiste sur la complémentarité avec son coéquipier. « On a trouvé une façon de vraiment se compléter, des deux côtés du terrain, de gagner beaucoup de matchs et même un titre. C’est quelque chose qu’on fait depuis longtemps », explique-t-il, rappelant la continuité du duo.
Dans les moments décisifs, cette relation prend tout son sens. « On peut compter l’un sur l’autre dans les plus grands moments… Quand on est sur le terrain, tu sais que l’autre fera tout pour gagner », ajoute Tatum. Plus qu’un simple partage de rôles, c’est une confiance totale qui s’est installée, éliminant toute idée de hiérarchie rigide.
