Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Figure incontournable du petit écran, Patrick Sébastien a toujours cultivé une image d’homme libre, volontiers provocateur, jamais vraiment dans la retenue. Derrière les paillettes et les chansons festives, son parcours personnel s’est pourtant construit entre excès et remises en question. Une facette plus sombre qu’il n’a jamais cherché à dissimuler. Et lorsqu’il évoque son rapport à l’alcool, le ton change, sans jamais perdre en sincérité.
Personnage public depuis plusieurs décennies, Patrick Sébastien, animateur emblématique et chanteur populaire, s’est forgé une réputation à part dans le paysage audiovisuel français. Excessif dans ses choix comme dans ses émotions, l’ancien présentateur du « Plus Grand Cabaret du monde » a longtemps flirté avec ses propres limites. Dans les années 1970 et 1980, alors que sa carrière prenait son envol, son rapport à l’alcool s’est progressivement intensifié, jusqu’à devenir une habitude quotidienne difficile à maîtriser.
Ce n’est que bien plus tard que l’artiste a posé des mots précis sur cette période trouble. Invité du podcast Legend podcast, animé par Guillaume Pley, il s’est livré avec une franchise rare sur cette décennie marquée par les excès. Il raconte ainsi :
« J’y suis allé très fort. J’ai fait dix ans où je buvais à peu près 1,5 litres de whisky par jour… Oui, quand même ! Au début, c’était de l’alcool festif. Et après, quand je suis arrivé dans le show-bizz, je me suis mis à continuer à picoler tous les soirs et au bout d’un moment, j’en ai été conscient. Et là, je me suis aperçu que j’avais été trop loin. Le jour de mon anniversaire, je m’en souviendrais toujours, le jour de mes 32 ans, j’ai pris mon dernier verre, je l’ai renversé par terre et j’ai dit : ‘Plus jamais !’ (…) J’ai passé deux ans sans une goutte d’alcool. Au bout de deux ans, j’ai bu un verre, j’étais malade »
Une confession qui illustre l’ampleur de la dérive, mais aussi la brutalité de la prise de conscience. L’homme de scène évoque un moment charnière, presque symbolique, où tout bascule. À 32 ans, il décide de rompre définitivement avec cette spirale, dans un geste aussi simple que radical. Une décision qu’il tiendra sur la durée, malgré les tentations inhérentes à son milieu.
Aujourd’hui encore, le septuagénaire revendique une relation totalement différente avec l’alcool, faite de modération et de lucidité. Il poursuit :
« Je bois un verre de vin, peut-être à table, quelquefois, une bière, mais l’ivresse, c’est fini. Cette année, je fête mes 40 ans sans cuite et c’est très bien. La cuite festive c’est bien, mais l’alcoolisme, c’est très grave (…) Tu deviens un autre »
Avec le recul, Patrick Sébastien insiste sur la frontière ténue entre convivialité et dépendance, un message qu’il martèle sans détour. Loin de glorifier ses excès passés, il préfère en faire un avertissement, fort de son expérience personnelle et de ses années de lutte silencieuse.
Si l’alcool appartient désormais à une époque révolue, certaines habitudes persistent. L’artiste reconnaît notamment une consommation importante de tabac, qu’il assume sans détour. Une autre forme d’excès, qu’il semble aujourd’hui considérer comme un équilibre personnel, à défaut d’être un combat prioritaire.
Chez Patrick Sébastien, la parole reste fidèle à l’homme qu’il a toujours été : directe, sans filtre, parfois dérangeante. Une manière de rester cohérent avec lui-même, en exposant aussi bien ses succès que ses failles, sans jamais chercher à réécrire son histoire.
