Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Écrivain provocateur et figure incontournable des nuits parisiennes, Frédéric Beigbeder n’a jamais cherché à dissimuler ses excès. Entre littérature, fêtes et dérives en tout genre, l’auteur de 99 francs a longtemps cultivé une image de dandy sulfureux. Mais derrière cette façade, certaines conséquences de ses habitudes ont laissé des traces, notamment dans sa vie intime.
Figure à part dans le paysage littéraire français, Frédéric Beigbeder a souvent évoqué sans détour son rapport à la fête et aux substances qui l’accompagnaient. Pendant des années, la cocaïne a fait partie de son quotidien, nourrissant autant ses nuits que son inspiration. Mais avec le recul, l’écrivain reconnaît que ces excès ont parfois eu des effets bien moins glorieux, en particulier dans sa vie privée, comme il le confiait dans Le Nouvel Obs en 2022 :
« Je ne peux pas dénombrer tous les fiascos que j’ai accumulés. Il m’est souvent arrivé de m’excuser au lit pour avoir rendu copie blanche, avant de gober un somnifère et de me réveiller seul dans une chambre d’hôtel. ».
Au-delà de ces situations embarrassantes, l’auteur décrit une période marquée par des excès généralisés. Entre angoisses, journées perdues et dépenses incontrôlées, les années 2000 apparaissent aujourd’hui comme une époque à double visage, mêlant exaltation créative et dérive personnelle. Une dualité qu’il assume pleinement et qu’il continue d’explorer dans ses écrits :
« Dans mes premiers livres, il neige à gros flocons. C’était cool, à l’époque. Aujourd’hui, quand je rajoute trop de poudre, mon éditrice lève les yeux au ciel. La coke est devenue has-been. Il est sans doute temps d’en dresser une sorte de bilan. ».
Avec le temps, Frédéric Beigbeder a choisi de prendre ses distances avec cette vie excessive. Une décision qu’il explique autant par une forme de lucidité que par une volonté de transmettre un message plus responsable, notamment à ses enfants :
« Si je fais aujourd’hui solennellement mes adieux à la coke, c’est donc par élitisme. Mais aussi pour que mes enfants sachent quelle perte de temps et d’argent cette habitude représente. Il existe de meilleurs procédés pour lutter contre l’ennui : le vin de Meursault, les romans, le jardinage… Les trois occupations les plus healthy sont : le sexe, le sexe, le sexe. ».
Aujourd’hui, l’écrivain revendique une forme d’équilibre retrouvé, sans renier son passé. Fidèle à son style provocateur, il continue de raconter ses excès avec un mélange d’autodérision et de lucidité, transformant ses expériences en matière littéraire. Une manière de tourner la page, sans jamais effacer ce qui a fait sa singularité.
