Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Après plusieurs années loin des projecteurs, Vincent Lagaf a signé un retour remarqué sur le petit écran. À 66 ans, l’animateur retrouve le public avec une version revisitée du Bigdil, désormais diffusée sur RMC Story. Un come-back qui s’accompagne d’une parole toujours aussi directe, fidèle à son image. Entre nostalgie assumée et regard lucide sur son époque, il n’a rien perdu de son franc-parler.
Figure emblématique du divertissement télévisé, Vincent Lagaf a marqué toute une génération avec Le Bigdil sur TF1. Après une longue absence, il revient avec la volonté de rester fidèle à l’esprit original du programme, porté par le succès des rediffusions. Diffusée désormais sur RMC Story, l’émission conserve son ADN, tout en s’adaptant à une diffusion en prime time, plus en phase avec ses envies actuelles.
Dans un entretien accordé à Télé-Loisirs, l’animateur est revenu sur les coulisses de ce retour, expliquant comment le projet a pris forme grâce à l’intérêt manifesté par la chaîne :
« On entendait parler de ce retour sur C8, sur TF1… Mais le seul qui a diffusé d’anciens numéros du Bigdil pour voir ce que cela allait donner, c’est Stéphane Sallé de Chou. Il a vu que ça avait été un carton d’audience, et on m’a donc appelé pour me demander si j’avais envie de refaire le Bigdil. »
Déterminé à ne pas trahir l’esprit de l’émission, Vincent Lagaf insiste sur la continuité du concept, malgré les années écoulées. Pour lui, le public doit retrouver immédiatement les sensations d’autrefois :
« On ne va pas changer une virgule par rapport à la première saison du Bigdil sur TF1. Quand les gens verront la première, j’aimerais qu’ils se disent : “On est lundi et on a l’impression que la dernière émission qu’on a vue c’était vendredi”. En dehors du fait que j’ai pris 20 ans dans la gueule, il faut que l’émission reste la même. On va garder les grandes lignes. J’ai envie que la nouvelle génération regarde l’émission avec ses parents. »
Mais au-delà du programme lui-même, c’est surtout sa manière d’aborder les relations professionnelles qui a retenu l’attention. L’animateur revendique une approche directe, héritée d’une autre époque, loin des précautions actuelles :
« Je n’ai pas besoin de garanties. Je fais partie de la génération qui regarde les mecs droit dans les yeux et qui leur dit : “Ne me prends pas pour un con”. Pour que le Bigdil soit un succès, il faut que cela reste un vrai show et non pas une simple émission de télévision. »
Ce retour s’accompagne aussi d’un changement de rythme, en accord avec ses attentes actuelles. Fini la pression des enregistrements à la chaîne, place à un format plus léger et plus maîtrisé :
« Il n’y a plus la pression d’une quotidienne. Je ne veux plus en faire car de nos jours, il faut en enregistrer cinq ou six par jour. Je ne comprends pas comment on peut être drôle pendant six heures. Moi, je n’en suis pas capable. En prime time, on a plus de temps pour déconner. »
À 66 ans, Vincent Lagaf assume pleinement ses choix et son évolution. Entre exigence professionnelle et regard sans concession sur son métier, il signe un retour fidèle à lui-même. Une manière de rappeler que, malgré les changements d’époque, certaines valeurs restent intactes.
