Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
À 70 ans, François Cluzet continue d’incarner l’un des visages les plus respectés du cinéma français. Acteur intense, populaire et souvent discret sur sa vie privée, il a pourtant accepté de revenir, avec le recul, sur une période plus sombre de son parcours. Une parole rare, qui éclaire autrement son rapport au métier et aux excès qu’il peut parfois entraîner.
Figure majeure du cinéma hexagonal, François Cluzet s’est imposé au fil des décennies grâce à des rôles marquants dans des films devenus cultes. Révélé très tôt au théâtre avant de briller sur grand écran, l’acteur a longtemps enchaîné les tournages dans un environnement professionnel exigeant, où la pression comme la convivialité occupent une place importante. Mais derrière cette réussite, il évoque aujourd’hui sans détour un rapport complexe à l’alcool, nourri par les habitudes du milieu.
Dans une interview accordée au magazine « Elle » en 2009, l’acteur décrivait avec précision l’omniprésence de l’alcool dans le monde du cinéma et du spectacle, où les occasions de boire sont multiples et souvent banalisées :
« On fait un métier très mondain. Où que vous alliez, on vous propose un verre. Dans certains festivals, dès dix heures du matin, un plateau avec des flûtes de champagne surgit. Sur un tournage, il y a toujours quelque chose à fêter. Il y a le pot de la déco, le pot du départ, le pot de la fin de journée… Par la suite, « j’ai fait une cure de désintoxication dans une clinique. » »
Ces confidences mettent en lumière un environnement où la frontière entre convivialité et excès peut parfois devenir floue. L’acteur y décrit un quotidien rythmé par les célébrations, les rencontres et les habitudes festives, qui peuvent, au fil du temps, peser sur l’équilibre personnel.
Sans chercher à dramatiser ni à se justifier, François Cluzet évoque ainsi une réalité longtemps passée sous silence dans le milieu artistique : celle d’un rapport à l’alcool facilité par le contexte professionnel lui-même. Une lucidité qui tranche avec l’image publique d’un comédien toujours solide et investi dans ses rôles.
Avec le recul, cette prise de parole s’inscrit dans une démarche plus large de transparence sur les difficultés rencontrées par certains artistes. En évoquant cette période et la nécessité d’une cure de désintoxication, l’acteur met des mots sur un combat intime, loin des projecteurs.
Aujourd’hui encore, François Cluzet continue de tourner et de s’impliquer dans des projets majeurs du cinéma français. Mais ce témoignage rappelle que derrière les carrières brillantes, certains parcours sont aussi traversés par des zones d’ombre, souvent invisibles pour le public.
