Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Très attaché au patrimoine français, Stéphane Bern ne cache plus son inquiétude face à l’évolution du pays. Lors d’un entretien accordé en octobre 2024, l’animateur et défenseur des monuments historiques a dressé un constat particulièrement sombre sur l’état de la France. Entre perte des repères, abandon du patrimoine et manque de soutien des pouvoirs publics, il a livré un témoignage sans détour qui a marqué les esprits.
Depuis plusieurs années, Stéphane Bern consacre une grande partie de son énergie à la sauvegarde du patrimoine français. Son engagement, salué par de nombreux élus et habitants, l’amène à constater chaque jour les difficultés rencontrées par les communes pour préserver leurs monuments, en particulier les églises. Une situation qui, selon lui, traduit un malaise bien plus profond.
Au cours de cet entretien, il a notamment évoqué la déchristianisation de la société et le sentiment d’abandon qui gagne de nombreux territoires.
« Il y a une déchristianisation de la France, les Français sont moins attachés à la religion, ils vont moins dans les églises. J’ai le sentiment de vivre dans un pays en ruine. Les gens sont désespérés. Ils aiment leur village, ils aiment leur patrimoine, et ils voient que rien n’avance. »
L’animateur s’est également montré particulièrement choqué par une déclaration de l’ancienne ministre de la Culture Roselyne Bachelot, qui estimait qu’il faudrait accepter la disparition d’une partie des églises françaises. Une idée qu’il refuse catégoriquement.
« J’ai entendu une ancienne ministre, que j’aime beaucoup par ailleurs, dire : « De toute façon, il faut se résoudre, une église sur sept sera détruite en France. » Eh bien non. Non, parce que c’est un aveu d’échec et ça pose un vrai problème. »
Au fil des années, Stéphane Bern est devenu un interlocuteur privilégié pour de nombreux élus et habitants confrontés à la dégradation de leur patrimoine. Faute de réponses des pouvoirs publics, beaucoup se tournent directement vers lui pour tenter de sauver un monument ou une église.
« Les gens font appel à l’État, mais l’État ne répond pas. Et donc, ils se tournent vers moi. »
Cette responsabilité pèse lourdement sur ses épaules. Il raconte recevoir quotidiennement des appels à l’aide, au point d’y consacrer une partie de son temps personnel.
« Un dimanche, j’ai passé ma journée à répondre à des courriers du genre : « L’église de mon village s’est effondrée, qu’est-ce que vous pouvez faire ? » J’ai dû mettre vingt-cinq lettres à la Poste le soir. »
À travers ces confidences, Stéphane Bern dresse le portrait d’une France qu’il juge fragilisée, où la préservation du patrimoine devient un véritable combat. Plus qu’un simple cri d’alarme, ses propos traduisent la volonté de rappeler que ces monuments constituent une part essentielle de l’histoire et de l’identité du pays.
