Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
À 73 ans, Christian Clavier continue d’incarner une certaine idée de la comédie française, entre succès populaires et franc-parler assumé. Membre emblématique de la troupe du Splendid, l’acteur n’a jamais hésité à défendre sa vision du métier, quitte à bousculer quelques figures majeures du cinéma hexagonal. Une liberté de ton qui lui vaut régulièrement des réactions contrastées.
Figure incontournable de la comédie française depuis plusieurs décennies, Christian Clavier s’est imposé avec des films devenus cultes, des Visiteurs aux Bronzés. Derrière ce succès populaire, il revendique une conception très précise du jeu comique, fondée sur l’abandon, l’autodérision et la capacité à casser son image. Une approche qui, selon lui, ne convient pas à tous les acteurs, notamment ceux très attachés à leur image publique.
C’est dans ce cadre qu’il a évoqué sans détour Alain Delon lors d’un passage sur Europe 1. Interrogé sur sa vision de la comédie et sur les acteurs capables de l’incarner, Christian Clavier n’a pas cherché à arrondir ses propos, livrant une appréciation très directe sur le monstre sacré du cinéma français :
« Si vous voulez, les gens qui sont très très branchés sur leur narcissisme, c’est très compliqué pour eux la comédie. Delon ne m’a jamais fait beaucoup rire, pour être honnête. »
Une phrase qui illustre surtout sa lecture très personnelle du métier d’acteur. Pour Christian Clavier, la comédie exige une forme de lâcher-prise que tous ne possèdent pas, sans que cela remette en cause leur talent ou leur carrière dans d’autres registres.
Dans la même logique, l’acteur insiste sur les artistes avec lesquels il a pris plaisir à travailler ou ceux qu’il considère comme naturellement doués pour le registre comique. Il cite notamment plusieurs figures du cinéma français contemporain et passé, qu’il estime particulièrement efficaces dans cet exercice. Il ajoutait ainsi :
« Par le passé, j’ai adoré travailler avec Jean Reno ou Gérard Depardieu et plus loin encore j’ai fait partie de la troupe du Splendid. Je voulais aussi absolument tourner avec Benoît Poelvoorde qui me fait énormément rire ! Pierre Niney est très très bon en comédie, donc lui, je pense que ça serait tout à fait intéressant. Il est à pleurer de rire. Il a beaucoup de talents. »
À travers ces déclarations, Christian Clavier réaffirme une position constante : celle d’une comédie exigeante, fondée sur la sincérité et la prise de risque. Un registre qu’il défend avec constance, et dans lequel il distingue clairement les sensibilités des acteurs, entre ceux qui s’y abandonnent pleinement et ceux qui, selon lui, restent dans une forme de retenue.
