Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Spécialiste des têtes couronnées et fin connaisseur de la monarchie britannique, Stéphane Bern entretient depuis de nombreuses années un rapport privilégié avec l’univers royal. Habitué à décrypter les coulisses de Buckingham, l’animateur français a également eu l’occasion d’approcher Charles III dans des contextes plus personnels. Une proximité rare qui lui a permis de découvrir un souverain loin des seules représentations officielles, jusqu’à être marqué par une phrase inattendue prononcée en privé.
TextFigure médiatique associée à la vulgarisation de l’histoire et des familles royales, Stéphane Bern suit de près le parcours de Charles III depuis longtemps. Au fil de ses rencontres avec le monarque britannique, il dit avoir observé un homme cultivé, structuré par des décennies d’apprentissage du pouvoir, et profondément attaché à certaines convictions personnelles. Une relation d’observation et d’échanges qui nourrit son analyse du roi, bien au-delà des apparitions publiques.
Dans un entretien accordé à Ouest-France et Le Parisien, l’animateur décrivait déjà avec précision la personnalité du souverain, insistant sur son tempérament et sa sensibilité particulière. Stéphane Bern expliquait ainsi :
« C’est que le roi Charles, j’ai toujours beaucoup d’affection. Je comprends bien le scorpion, qui peut être, je ne dirais pas dépressif, mais assez mélancolique. Il a un caractère assez mélancolique. Il a cette allure… Il y a une personne entre le roi et moi. Plus précisément, je sais joindre les trois personnes qui travaillent au quotidien avec lui. C’est sans doute l’héritier au trône le mieux préparé au monde ! Plus de cinquante ans à observer et à apprendre. »
Dans la continuité de cette analyse, il soulignait également les influences intellectuelles et spirituelles qui, selon lui, ont façonné le souverain britannique au fil des années :
« De sa mère, de ses lectures, de sa vie… C’est un intellectuel, et un érudit, un sage aux convictions écologiques, spirituelles, humanistes très solides ».
Mais c’est lors d’une rencontre plus informelle que Stéphane Bern dit avoir été le plus marqué. Invité à une réception à l’UNESCO, à Paris, il se retrouve face à Charles III dans une scène imprévue, perturbée par un incident technique qui plonge la salle dans le noir au moment des présentations. L’animateur raconte alors la réaction du souverain :
« Je devais me présenter et à ce moment-là, la lumière s’est éteinte ! Il faisait très sombre, on ne voyait plus rien. Il [Charles III, ndlr] s’est tourné vers moi et m’a dit : ‘Vous croyez qu’on va encore dire que c’est de ma faute ?’ C’est sa manière de dire que tout le monde lui mettait tout sur le dos ».
Avec le recul, Stéphane Bern retient surtout la dimension humaine de cette remarque. Derrière l’ironie et le contexte léger, il voit un homme conscient de son image publique et du poids des critiques qui accompagnent sa fonction.
Cette anecdote, restée vivace dans son esprit, illustre selon lui la complexité du rôle royal : une position où chaque geste, chaque mot, peut être interprété, parfois au détriment de la réalité de la personne. Pour Stéphane Bern, cette phrase de Charles III résume à elle seule une forme de lucidité mêlée de résignation face au regard constant du public.
