Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Plus de cinquante ans après l’âge d’or des années yéyé, les souvenirs de cette période continuent d’alimenter les récits des artistes qui l’ont vécue. Derrière les succès populaires et les apparitions télévisées se cachaient parfois des rivalités bien réelles entre vedettes de la chanson française. Sylvie Vartan est récemment revenue sur l’une d’elles, en évoquant une rumeur persistante concernant Claude François et la concurrence féroce qui régnait alors dans le métier.
Figure majeure de la scène musicale française des années 1960, Sylvie Vartan a longtemps évolué au sommet de la popularité aux côtés de Johnny Hallyday. Le couple fascinait le public et dominait régulièrement l’actualité musicale. Face à eux, Claude François s’imposait lui aussi comme l’une des plus grandes stars de sa génération. Entre ces artistes aux ambitions considérables, les comparaisons et les tensions étaient fréquentes, nourrissant de nombreux bruits de couloir.
Invitée sur RTL, l’interprète de « La plus belle pour aller danser » a d’abord tenu à revenir sur une ancienne affirmation de Stone, selon laquelle Claude François aurait tenté de la séduire. Une hypothèse qu’elle a immédiatement écartée :
« Je ne crois pas. Il avait quatre ans de plus que moi, à l’époque c’était beaucoup. De toute façon, Johnny ne l’aurait pas laissé faire et moi ça ne pouvait pas m’intéresser : j’étais folle amoureuse de Johnny. »
Si elle balaie cette ancienne rumeur, la chanteuse reconnaît en revanche avoir entendu d’autres histoires concernant l’ancien leader des Clodettes. Interrogée sur la supposée jalousie de Claude François envers Johnny Hallyday, elle évoque alors une pratique qui circulait déjà dans le milieu artistique de l’époque :
« Après, est-ce que Claude était jaloux de Johnny ? Fort possible… Il paraît que les équipes de Claude faisaient recouvrir mes affiches par les siennes avant notre arrivée dans les villes. Je n’ai jamais su si c’était vrai… »
Vraie ou non, cette rumeur illustre le climat de compétition qui animait alors les grandes figures de la chanson française. À une époque où les tournées, les affiches et les ventes de disques étaient des enjeux majeurs, chaque détail pouvait devenir un terrain de rivalité.
Cette concurrence était d’ailleurs régulièrement évoquée par Johnny Hallyday lui-même. Au fil des années, le Taulier n’avait jamais caché les tensions qui l’opposaient à Claude François, allant jusqu’à livrer des confidences particulièrement incisives sur leur relation.
Dans un entretien repris plus tard dans son autobiographie, Johnny Hallyday affirmait :
« Il bossait dix fois plus que moi. Mais il n’arrivait jamais à faire ce que je faisais. Ça le rendait jaloux. Il draguait mes nanas et, en désespoir de cause, il se tapait mes ex. C’était le circuit, tu savais que si tu sortais avec moi, tu pouvais ensuite te faire Cloclo…
Je pense qu’il avait installé cette rivalité parce que ça le poussait à se surpasser. Moi, je lui disais toujours de se calmer, on ne faisait pas la même musique. Sois cool, je vais pas chanter avec des Claudettes et toi tu ne vas pas porter du cuir… C’était plus fort que lui, il voulait être le premier. Mais en définitive, il restait numéro deux. »
Décédé en 1978 à seulement 39 ans, Claude François n’a jamais pu répondre à ces différentes accusations ni confirmer les rumeurs qui ont accompagné sa carrière. Entre souvenirs personnels, ressentiments anciens et légendes du show-business, il reste parfois difficile de distinguer les faits de ce qui relève du mythe.
Les confidences de Sylvie Vartan rappellent en tout cas que derrière l’image insouciante des années yéyé se jouaient aussi des affrontements d’ego et des batailles de popularité. Une réalité moins connue du grand public, mais qui a largement façonné l’histoire de la chanson française.
