Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Depuis le début de sa carrière, Valérie Lemercier a toujours suivi sa propre ligne de conduite. L’actrice et réalisatrice n’a jamais hésité à imposer ses règles, quitte à aller à contre-courant des habitudes du milieu du cinéma. Une indépendance qui ne s’exprime pas seulement dans ses choix de rôles, mais aussi dans les clauses très particulières qu’elle fait inscrire dans chacun de ses contrats. Des exigences qu’elle assume pleinement.
Figure incontournable du cinéma français, Valérie Lemercier s’est illustrée aussi bien dans les grandes comédies populaires que dans des films plus intimistes. Révélée auprès du grand public par son interprétation de Béatrice de Montmirail, la comédienne s’est toujours montrée attachée à préserver sa liberté artistique.
Lors de la promotion de L’arche de Noé, elle expliquait d’ailleurs qu’elle refusait depuis toujours certaines scènes, une position qu’elle fait officiellement figurer dans ses contrats de tournage. Au cours de cette promotion, Valérie Lemercier déclarait :
« Ah non, ça j’évite. C’est écrit dans mes contrats d’actrice : je joue mais sans poils, sans gémissements… Et sans polaire, ce n’est pas possible la polaire. »
Si cette règle n’a jamais changé, l’actrice a néanmoins accepté une exception au cours de sa carrière. Dans Main dans la main, elle avait choisi de tourner une scène de nu intégral, estimant que celle-ci trouvait pleinement sa place dans le récit. Une décision mûrement réfléchie, qu’elle avait expliquée plusieurs années plus tard. Dans les colonnes de Madame Figaro, elle confiait :
« Si l’on ne me pose qu’une seule question à propos de “Main dans la main”, c’est toujours la même : “Qu’est-ce que cela fait de se dénuder ?” C’est la scène du film qui me plaît le plus, car elle est juste et elle me parle. »
Toujours auprès de Madame Figaro, Valérie Lemercier établissait un parallèle entre cette scène et une expérience très personnelle qui avait profondément marqué son existence :
« À un moment, Hélène, mon personnage, entame sa mue, elle fait tomber ses vêtements et se débarrasse métaphoriquement de son statut social. Cela me ressemble, car il m’est arrivé de tout perdre : lorsque mon appartement a brûlé, je n’avais plus rien et, paradoxalement, jamais je ne m’étais sentie aussi libre, moi qui suis pourtant matérialiste. »
Malgré cette exception, l’actrice est restée fidèle à ses convictions concernant les scènes d’intimité. Elle affirme ne pas souhaiter participer à des séquences simulant des rapports amoureux, estimant que cette limite fait partie intégrante de sa manière d’exercer son métier :
« Être filmée nue, de dos de surcroît, est infiniment moins embarrassant que d’embrasser un acteur ou de simuler un acte d’amour dans un lit. Je ne le fais quasiment jamais et je ne veux pas le faire. C’est ce que j’appelle la clause “sans poils et sans gémissements” de mes contrats. »
Au-delà de ces conditions artistiques, Valérie Lemercier veille également à son confort sur les plateaux de tournage. Pour préserver son rythme de travail, elle n’hésite pas à imposer quelques demandes très concrètes dans son quotidien. Auprès de Télé Star, elle expliquait ainsi :
« Un œuf dur le matin, ça m’évite de me goinfrer de croissants sur le plateau. Et une loge pour ma sieste du midi. »
À 62 ans, Valérie Lemercier continue ainsi de revendiquer une manière très personnelle d’exercer son métier. Entre exigences artistiques, refus de certaines scènes et petites habitudes de tournage, elle démontre qu’il est possible de mener une longue carrière sans renoncer à ses principes. Une indépendance qui, depuis ses débuts, est devenue l’une de ses signatures.
