Gérard Darmon très honnête sur son expérience avec Louis de Funès hors-caméras : « Je l’ai trouvé…

Louis de Funès et Gérard Darmon
INA (DR) / EDS (DR)

Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

Des décennies après sa disparition, Louis de Funès demeure l’une des figures les plus marquantes du cinéma français. Si le public garde de lui l’image d’un acteur débordant d’énergie, ceux qui l’ont côtoyé évoquent parfois un homme très différent une fois les caméras éteintes. Gérard Darmon, qui a partagé quelques semaines de tournage avec lui au début de sa carrière, a livré un témoignage particulièrement révélateur.

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Figure incontournable de la comédie française, Louis de Funès tournait « Les Aventures de Rabbi Jacob » sous la direction de Gérard Oury lorsqu’il a croisé la route d’un jeune Gérard Darmon. Pour le futur acteur, cette expérience représentait une occasion unique d’observer au plus près celui qu’il considérait déjà comme une référence absolue.

Curieux de comprendre sa manière de travailler, il passait son temps à l’observer entre les prises, cherchant à saisir les moindres détails de son jeu et de son comportement. Invité dans l’émission Amuse Bouche, Gérard Darmon racontait cette fascination qu’il éprouvait pour Louis de Funès pendant le tournage. Il expliquait :

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« Je voulais voir comment il fonctionnait, comment il était avant le clap, pendant la prise, après la prise… Je l’ai bouffé des yeux… Je ne l’ai pas quitté ! Où qu’il soit dans la pièce. Je voulais tout prendre. C’était fascinant pour un jeune acteur. »

En observant son aîné loin des scènes, Gérard Darmon a pourtant découvert une personnalité bien différente de celle que les spectateurs connaissaient. Entre deux prises, Louis de Funès apparaissait beaucoup plus réservé, presque mélancolique, avant de retrouver instantanément toute son énergie dès que la caméra tournait :

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« Je l’ai trouvé assez calme, même assez triste en fait, oui, dans une autre bulle. Il attendait, il était comme ça, il regardait par la fenêtre, et il y avait Oury qui l’appelait : “Loulou, on y va”. (…) Et tout de suite, il partait. »

Ce contraste avait profondément marqué le jeune comédien, qui découvrait alors toute la rigueur et la concentration nécessaires pour donner vie à un personnage aussi explosif à l’écran. Derrière le rythme effréné de ses interprétations se cachait un homme beaucoup plus introverti qu’il ne l’avait imaginé.

Le tournage a également été ponctué de quelques mésaventures, notamment lors d’une séquence devenue célèbre dans l’usine de chewing-gum. Gérard Darmon garde le souvenir d’un incident qui l’a rapproché encore davantage de Louis de Funès :

« On a eu un accident de Funès et moi avec les yeux quand on était dans la pâte à crêpe. Enfin, dans le chewing-gum, qui était en réalité de la pâte à crêpe avec du colorant, ça a pris 15 jours au lieu de deux ! J’ai vécu 15 jours avec de Funès, on se mettait des petites goutes dans les yeux. »

Des années après cette expérience, Gérard Darmon continue d’évoquer avec émotion ces quelques semaines passées aux côtés de Louis de Funès. Au-delà de l’immense acteur comique, il garde le souvenir d’un homme discret, entièrement consacré à son travail et capable de se transformer en un instant devant la caméra. Une rencontre qui a durablement marqué les débuts de sa carrière et nourri son admiration pour l’une des plus grandes légendes du cinéma français.

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