Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Très engagé sur les questions environnementales, Nagui s’est forgé au fil des années une réputation d’animateur qui n’hésite jamais à défendre ses convictions. À la télévision comme dans ses prises de parole publiques, il interpelle régulièrement ses invités sur leurs habitudes de consommation et leur impact écologique. Mais le présentateur de France Télévisions a lui-même reconnu qu’il n’était pas irréprochable sur tous les sujets…
Figure incontournable du paysage audiovisuel français, Nagui a fait de l’écologie l’un des combats qu’il porte le plus volontiers à l’antenne. L’animateur de France 2 et producteur s’autorise régulièrement à sensibiliser les candidats de ses émissions aux enjeux environnementaux, qu’il s’agisse de mobilité, de consommation ou encore de modes de vie. Un engagement assumé qui lui vaut autant de soutiens que de critiques, certains lui reprochant parfois d’adopter un ton jugé moralisateur.
Cette volonté de défendre ses convictions s’est notamment illustrée dans un échange resté très commenté sur le plateau de « N’oubliez pas les paroles ». Face à une candidate qui évoquait son projet d’acquérir un fourgon aménagé, le présentateur avait choisi de la questionner, voire même de la rabrouer publiquement sur les conséquences écologiques d’un tel achat :
« Alors, attendez, vous dites aimer la planète, vouloir sauver la planète, vous occuper de la culture, et le problème d’un fourgon, c’est que d’un coup, là, y’a des heures de diesel qui arrivent… Je ne vous entends plus, on ne capte plus, apparemment, il y a un problème ? Fanny ? Comment gérer ça ? Est-ce qu’il y en a des électriques, est-ce que vous avez repéré quelque chose d’intéressant ? Vous connaissez le principe de sauver la nature et la planète ? »
Une séquence qui résumait parfaitement l’image que Nagui s’est construite au fil des années. Très attentif aux questions environnementales, le compagnon de Mélanie Page pousse régulièrement ses interlocuteurs à réfléchir à leurs habitudes. Mais derrière cette ligne de conduite assumée, il reconnaît volontiers que son propre quotidien comporte aussi son lot de contradictions, bien au-delà des polémiques suscitées par certaines apparitions à bord d’un yacht.
Dans un entretien accordé à Femina en 2022, le présentateur s’était justement confié sur ces écarts entre ses convictions et la réalité de sa vie personnelle. Il évoquait notamment sa passion pour l’automobile, tout en expliquant les efforts qu’il estimait accomplir au quotidien :
« Depuis une douzaine d’années, j’ai la chance et les moyens d’avoir une voiture électrique. Mais j’ai une passion pour les voitures de collection qui, elles, roulent à l’essence. Je m’en sers une dizaine de jours dans l’année.
Et puis l’utilisation des ordinateurs et du téléphone portable. Je n’y arrive pas, car c’est lié à mon métier. Je sais que lorsque l’on n’a pas vidé sa boîte mails de tout ce qui était inutile, il y a des ordinateurs à l’autre bout du monde qui tournent et qui ont besoin de climatisation. J’avoue qu’avec le numérique je ne crois pas que l’on soit très propres en matière d’écologie »
Au cours du même entretien accordé à Femina, Nagui avait également abordé la question des déplacements en avion. Un sujet particulièrement sensible pour celui qui plaide régulièrement en faveur de comportements plus respectueux de l’environnement. Là encore, il avait préféré adopter un discours nuancé en rappelant que les réalités économiques devaient aussi être prises en compte :
« Je n’ai évidemment pas que des gestes parfaits pour la planète. Je vais prendre l’avion pour aller du sud de la France au nord où nous tournerons Intervilles. C’est un souci si vous le prenez tous les jours. Si vous le prenez une fois dans l’année… En avion, Paris-Marseille ou Paris-Toulouse, c’est 40 balles. Vous voulez prendre le train, c’est 150 balles. Allez expliquer à quelqu’un qui n’a que 40 balles pour partir qu’il faut dépenser quatre fois plus pour protéger la planète »
Ces différentes déclarations dressaient ainsi le portrait d’un animateur conscient de ses propres limites. Tout en continuant à défendre des pratiques plus vertueuses sur le plan écologique, Nagui assumait publiquement les concessions qu’il s’accordait dans sa vie personnelle. Une transparence qui alimente régulièrement le débat autour de ses prises de position, mais qui illustre aussi les difficultés auxquelles sont confrontés de nombreux Français lorsqu’il s’agit de concilier convictions écologiques, contraintes du quotidien et réalités financières.
