Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Pendant des décennies, Julien Clerc a incarné une certaine élégance de la chanson française. Derrière cette image de chanteur discret et raffiné, l’artiste a pourtant connu une période marquée par les excès, à une époque où la consommation de drogues était largement répandue dans le milieu musical. Avec le recul, il n’hésite plus à revenir sur ces années, évoquant sans détour les habitudes qu’il a fini par abandonner. Des confidences qui contrastent avec l’image que beaucoup ont de lui.
Figure incontournable de la chanson française, Julien Clerc s’est imposé dès la fin des années 1960 grâce à des succès devenus des classiques. Comme de nombreux artistes de sa génération, l’interprète de Ma préférence a toutefois traversé une période où la cocaïne faisait partie de son quotidien. Aujourd’hui, le chanteur assume pleinement ce passé et reconnaît que cette consommation, qu’il associait alors à la fête, a fini par avoir des conséquences bien réelles.
Des années plus tard, Julien Clerc porte un regard lucide sur cette époque. Il admet volontiers que ces excès répondaient avant tout à une recherche de plaisir, même s’il en mesure désormais les limites. Dans un entretien accordé au Monde, le chanteur expliquait :
« C’était un truc de posture, de fête. Il y avait un peu de plaisir… Oui, on sous-estime toujours le plaisir de ces choses addictives. J’aimais bien mélanger ça avec l’alcool, pour jouir de ma vie. »
Avec le temps, l’artiste s’est toutefois aperçu que cette consommation affectait directement son outil de travail. Sa voix, indispensable à sa carrière, a progressivement souffert de ces excès, au point de compliquer ses prestations :
« J’ai eu des périodes où j’étais moins en voix. Elle a souffert de la cocaïne, dans les années 1980, elle n’était plus placée comme il le fallait, je passais en force. »
Loin de toute glorification de cette période, le chanteur dresse aujourd’hui un constat très critique. Il explique que cette dépendance a fini par devenir un véritable obstacle, bien loin de l’image romantique parfois associée aux artistes et à leurs excès. Auprès du Monde, il poursuivait :
« Ça n’a pas été bon ! Ça coulait dans le fond de la gorge, ça n’aidait pas mes problèmes ORL. J’étais jusqu’alors comme un sportif très doué, qui ne travaillait pas assez. Donc je ne pouvais plus chanter sans cocaïne. Mais le plaisir n’était pas vraiment là et je m’en suis débarrassé très vite. »
Aujourd’hui, Julien Clerc assure avoir définitivement tourné cette page. Désormais, ses priorités sont tout autres et il dit avoir remplacé ces anciennes habitudes par des passions bien plus positives. Invité sur Europe 1, il déclarait :
« On parle d’il y a très longtemps. C’était comme une expérience, je me suis rendu compte que ça ne m’apportait pas grand-chose si vous voulez. J’ai de la chance, je ne suis pas très addictif comme personne. Maintenant je suis addict à la musique, et puis à la femme que j’aime. »
En revenant avec autant de franchise sur cette période de sa vie, Julien Clerc montre qu’il n’entend rien dissimuler de son parcours. S’il assume aujourd’hui ses erreurs, il préfère surtout mettre en avant le chemin parcouru depuis, convaincu que ces excès appartiennent désormais définitivement au passé.
