Par Rédaction | Sport
Pendant une grande partie de sa carrière, Jo-Wilfried Tsonga a été l’un des sportifs préférés des Français. Mais malgré ses performances sur les courts, l’ancien numéro 1 français a régulièrement dû répondre à une polémique tenace concernant son installation en Suisse. Un sujet sur lequel il n’a jamais cherché à esquiver les questions, livrant au contraire une explication très directe.
Figure majeure du tennis français pendant plus d’une décennie, Jo-Wilfried Tsonga s’est imposé comme l’un des meilleurs joueurs de sa génération, avec notamment une finale à l’Open d’Australie en 2008 et une victoire en Coupe Davis. Au fil des années, un autre sujet est toutefois revenu de manière récurrente : son choix de résider en Suisse. L’ancien Manceau a toujours assumé cette décision, tout en regrettant la manière dont elle était parfois perçue en France.
En 2015, une polémique avait éclaté après sa participation à un match d’exhibition en Inde, quelques jours seulement après un forfait en Coupe Davis. Pour Jo-Wilfried Tsonga, les critiques traduisaient surtout un rapport compliqué à l’argent dans l’Hexagone. Dans un entretien accordé à GQ, il expliquait alors :
« Au-delà de la question de mon investissement, il y a un sujet tabou : l’argent. Si j’étais allé en Inde gratuitement ils auraient dit quoi ? Tout le problème est là. En France, l’argent est un souci, cela ne m’étonne pas finalement que les gens réagissent ainsi. »
L’ancien international français rappelait ensuite qu’une carrière de joueur professionnel implique des dépenses considérables, souvent méconnues du grand public. Selon lui, gagner de l’argent fait tout simplement partie de son métier :
« Alors que l’argent fait partie de la vie. Dans mon entreprise de joueur de tennis, je dois faire mon gagne pain, le réinvestir dans mes entrainements, gagner ma vie, aider ma famille. Comme tout le monde. Je dépense entre 500.000 et 1 million d’euros par an pour mon staff, les voyages, les hôtels… Je paie des impôts partout. La vie n’est pas si tranquille. Quand je vais jouer quelque part, c’est aussi pour gagner des sous, c’est mon travail. Point. »
L’ancien finaliste en Grand Chelem assumait également sans détour que son installation en Suisse répondait à une logique financière. Il estimait simplement utiliser les possibilités offertes par le système, comme de nombreux autres sportifs de haut niveau :
« Est-ce que j’aurais moins d’argent si je résidais en France ? Bien sûr ! On part presque tous uniquement pour ça. Il faut optimiser notre carrière. Je ne connais personne qui gonfle sa feuille d’imposition, pourquoi je le ferai ? Je fais avec le système existant, cela s’appelle de l’optimisation fiscale. »
Quelques années plus tard, en 2020, l’ancien tennisman portait un regard plus personnel sur cette décision. S’il reconnaissait que ce choix avait parfois alimenté les critiques, il assurait ne rien regretter sur le plan familial. Toujours dans cet entretien accordé à GQ, il confiait :
« Être parti en Suisse, c’est une chose que je peux regretter pour ma carrière de tennisman, qui se serait peut-être encore mieux passée pour moi, même si on ne peut pas le dire. Mais en tant qu’homme non. J’ai rencontré ma femme, j’ai un enfant, je suis heureux là-bas, la qualité de vie est extraordinaire. Et je me considère aussi comme un citoyen du monde.
Donc voilà, je suis heureux d’être français, je le resterai toute la vie quoi qu’il arrive. Je réside en Suisse et certainement que je vais y rester encore un bon petit bout de temps. Et je suis heureux comme ça. J’ai bien mené ma carrière. »
Sans jamais renier ses origines françaises, Jo-Wilfried Tsonga a donc toujours revendiqué une approche pragmatique de son parcours. Pour l’ancien numéro 1 tricolore, son choix de vivre en Suisse relevait autant d’une réflexion professionnelle que d’un équilibre personnel, un positionnement qu’il continue d’assumer publiquement plusieurs années après la fin de sa carrière.
