Par Rédaction | Sport
Pendant de longues années, Fabien Barthez a incarné l’un des gardiens les plus spectaculaires de sa génération. Champion du monde et d’Europe avec l’équipe de France, l’ancien portier des Bleus a marqué les esprits par son tempérament et ses arrêts décisifs. Mais les exploits d’hier ont laissé des traces bien réelles.
Aujourd’hui âgé de 55 ans, l’ancien international français évoque avec beaucoup de sincérité les conséquences physiques de sa carrière. Un quotidien rythmé par des douleurs persistantes, qu’il assume sans détour, tout en dressant un constat lucide sur les sacrifices consentis durant ses années de joueur.
Figure emblématique du football français, Fabien Barthez a disputé plus de vingt ans au plus haut niveau, sous les couleurs notamment de l’AS Monaco, de Manchester United, de l’Olympique de Marseille et de l’équipe de France. Gardien au style spectaculaire, il n’a jamais hésité à mettre son corps en jeu. Un engagement total qui continue aujourd’hui de peser sur sa santé.
Dans un entretien accordé à L’Équipe, l’ancien champion du monde expliquait que les séquelles de cette carrière se font désormais sentir chaque jour, notamment au réveil :
« J’ai 50 ans (55), tous les matins, il me faut dix minutes pour me déverrouiller. Quand je me lève, je me dis que je suis un vieux. Quand, de 15 à 36 ans, tu as plongé toute la journée dans tous les sens, il ne faut pas s’étonner. Au niveau des disques, il n’y a plus rien. Mais bon, je ne suis pas le seul. On est tous pétés. Tu n’as qu’à venir aux matches (caritatifs) qu’on fait avec Pascal Olmeta, quand tu les vois courir, les mecs… »
Pour l’ancien gardien des Bleus, ces douleurs sont aussi le reflet d’une autre époque du football, où la protection des joueurs n’était pas toujours une priorité. Il se souvient notamment d’une blessure importante contractée lorsqu’il évoluait à l’AS Monaco. Toujours auprès de L’Équipe, Fabien Barthez racontait :
« À mon époque, on ne te protégeait pas. Moi, il m’est arrivé de jouer alors que je n’aurais jamais dû. À Monaco, je m’étais fracturé la pommette. J’aurais dû rejouer trois semaines après. On m’a remis tout de suite sur le terrain, avec une coque de protection. Aujourd’hui, j’ai des séquelles. Ça ne s’est jamais ressoudé. C’est comme ça, je ne regrette pas, cela fait partie de mon histoire. »
Sans chercher à se plaindre, Fabien Barthez livre ainsi un témoignage sur les exigences du très haut niveau il y a encore quelques décennies. Derrière les trophées et les souvenirs de gloire se cachent aussi des blessures qui, pour certaines, ne disparaissent jamais complètement.
À 55 ans, l’ancien gardien des Bleus regarde cette période avec beaucoup de recul. S’il admet que son corps lui rappelle chaque matin les efforts consentis tout au long de sa carrière, il affirme ne rien regretter de ce parcours qui l’a conduit au sommet du football mondial.
