Par Rédaction | Sport
Doublement attaché à la France et à l’Algérie par ses origines et son parcours, Samir Nasri a toujours porté un regard particulier sur les deux pays. L’ancien international français n’a jamais renié ses racines algériennes, tout en assumant pleinement son histoire avec les Bleus. Lorsqu’il évoque l’Algérie et son football, l’ancien joueur d’Arsenal ne cherche d’ailleurs pas à masquer les différences qu’il a pu constater avec la France.
Né à Marseille de parents algériens, Samir Nasri a rapidement été identifié comme l’un des grands espoirs du football français. Appelé chez les Bleus dès ses 19 ans, le milieu offensif avait ensuite connu une carrière internationale mouvementée, marquée notamment par sa participation à l’Euro 2008 et à l’Euro 2012.
Mais en parallèle de son aventure française, l’ancien Marseillais a toujours conservé un lien particulier avec l’Algérie. Ses origines familiales l’ont naturellement conduit à suivre l’évolution des Fennecs et de leur football, même s’il n’a jamais réellement envisagé de changer de sélection. Interrogé par Onze Mondial sur l’hypothèse de devenir un jour sélectionneur de l’Algérie, Samir Nasri avait notamment évoqué la pression particulière entourant la sélection algérienne :
« L’Algérie, c’est chaud ! Il y a énormément de pression, avec la presse tout ça, là-bas. Après, ce n’est pas pareil, les gens aiment les joueurs techniques, tout ça… Ce n’est pas pareil, ouais. »
S’il reconnaissait ne pas être particulièrement familier avec le championnat algérien, le Français portait en revanche un regard beaucoup plus enthousiaste sur l’évolution de la sélection. Selon lui, les Fennecs avaient considérablement progressé, notamment grâce à leur capacité à attirer des joueurs binationaux évoluant en Europe :
« Le championnat local, je ne connais pas. Mais la sélection, elle est remplie de qualités ! Par contre, il y a beaucoup de joueurs offensifs (rires). Il faut aussi penser à en avoir derrière. Cette équipe s’est très bien développée. Le président de la Fédé a fait un gros boulot pour ça. L’équipe d’Algérie arrive à attirer des binationaux de qualité aujourd’hui. Ces joueurs-là, ils n’auraient jamais été en sélection algérienne il y a 10 ans. Et ça, c’est une belle réussite. »
Cette évolution expliquait aussi, en partie, pourquoi Nasri continuait de suivre attentivement les performances de l’Algérie. Pour autant, l’ancien joueur de Manchester City n’a jamais nourri de regrets concernant son choix international.
À l’époque où il avait été appelé chez les Bleus, le contexte était en effet très différent pour les Fennecs. Dans les colonnes de Foot Mercato, Samir Nasri avait expliqué pourquoi il n’avait jamais hésité à choisir la France :
« J’ai connu l’équipe de France à 19 ans. L’équipe d’Algérie, à l’époque, c’était le désert de Gobi. Jouer pour l’équipe de France c’était une fierté. Je suis arrivé en 2007, il y avait Thuram, Gallas, Abidal, Evra, Makelele, Vieira, Henry, Trézéguet, Anelka…Tu ne vas pas dire non à cette équipe quand tu es appelé. »
Une décision qu’il n’a jamais considérée comme une erreur, malgré les épisodes parfois compliqués de son passage avec les Bleus. L’ancien international français estimait simplement avoir vécu l’histoire qui devait être la sienne avec la sélection tricolore :
« Non, ce n’est pas du tout un regret. J’ai eu l’histoire que je devais avoir avec l’équipe de France, c’est tout. J’ai une part de responsabilité, il y a aussi ce changement des choses, avec beaucoup moins de tolérance vis à vis des footballeurs, dont j’ai été victime. Mais c’est la vie, c’est comme ça »
Entre fierté de ses origines et fidélité à son histoire internationale, Samir Nasri a toujours assumé cette double appartenance. Et lorsqu’il compare les deux environnements, l’ancien meneur de jeu insiste surtout sur les différences de culture footballistique et sur la pression particulière qui entoure les Fennecs. Un regard forcément singulier, forgé par une trajectoire à cheval entre les deux pays.
