Par Rédaction | Sport
Sur les terrains, Zinédine Zidane a souvent été salué pour son élégance balle au pied, malgré quelques rares pertes de sang-froid qui ont marqué sa carrière. En dehors des pelouses, l’ancien numéro 10 des Bleus jouit toutefois d’une réputation tout aussi flatteuse, celle d’un homme discret, généreux et toujours attentif aux autres. Une image qu’une anecdote racontée par Christophe Pignol est venue renforcer.
Figure du football français dans les années 1990, Christophe Pignol a connu une belle carrière sous les couleurs de Saint-Étienne, de Nantes puis de Monaco. Double champion de France, l’ancien défenseur a notamment disputé une demi-finale de Ligue des champions face à la Juventus de Turin en 1998. Une rencontre dont il garde un souvenir particulier, non pas pour le résultat, mais pour le comportement de plusieurs joueurs turinois, dont Zinédine Zidane.
Lors du match aller disputé à Turin, Christophe Pignol avait été victime d’un violent choc avec Angelo Di Livio. Touché à la tempe, le défenseur monégasque avait dû être transporté à l’hôpital, où il allait recevoir une visite inattendue.
Dans un entretien accordé à L’Équipe, Christophe Pignol racontait :
« Juste avant la mi-temps de la demi-finale aller de la Ligue des champions Juventus-Monaco, Angelo Di Livio me donne un coup sur la tempe qui m’envoie plusieurs jours à l’hôpital de Turin. Une usine à gaz. Je me retrouve dans une chambre à quatre ou cinq… »
Malgré le contexte de cette demi-finale européenne, plusieurs joueurs de la Juventus avaient pris le temps de se rendre à son chevet. Une attention qui avait profondément marqué l’ancien Monégasque, tout comme son entourage :
« Zidane, Deschamps, Di Livio et Del Piero viennent me voir. La femme d’un mec qui venait de se faire opérer n’en croyait pas ses yeux. Elle n’arrêtait pas de le secouer, mais il n’arrivait pas à se réveiller de son anesthésie ! »
Christophe Pignol révélait ensuite les gestes de solidarité dont sa famille avait bénéficié durant cette période. Didier Deschamps et Zinédine Zidane avaient tous les deux cherché à faciliter le séjour de son épouse en Italie. Toujours auprès de L’Équipe, il expliquait :
« Deschamps a fait en sorte que Cathy, ma femme, change d’hôtel et lui a prêté son téléphone. Zidane, lui, a demandé à ma femme si elle avait besoin de faire des courses. La Juve, c’est la grande classe. »
Quelques années plus tard, Christophe Pignol avait également été marqué par un autre geste de générosité, cette fois après son combat contre une leucémie. L’ancien défenseur n’a jamais oublié le soutien dont il avait bénéficié à ce moment particulièrement difficile :
« Après ma leucémie, je vais manger à Cannes avec Vahid Halilhodzic et les présidents, Luc Dayan et Francis Graille. Je ne connaissais pas Luc et il m’a payé mes deux dernières années au LOSC. Je n’avais joué que huit mois et il a signé le chèque sur place, à la condition que je ne rejoue pas en pro. Lille aussi, c’est la classe. »
À travers cette anecdote, Christophe Pignol dressait le portrait d’un Zinédine Zidane bien éloigné de l’image du compétiteur acharné aperçue sur les terrains. Sans chercher à attirer l’attention, l’ancien meneur de jeu de la Juventus avait simplement proposé son aide à la famille d’un adversaire blessé, un geste qui est resté gravé dans la mémoire de l’ancien défenseur monégasque, près de trente ans plus tard.
