La mise au point claire et nette de Patrick Vieira : « Je n’ai pas besoin de ça pour penser à l’Afrique »

Patrick Vieira, Franco-Sénégalais
Canal+ (DR)

Par Rédaction | Sport

Né à Dakar et arrivé en France à l’âge de 7 ans, Patrick Vieira s’est imposé comme l’un des milieux les plus marquants de l’histoire des Bleus. Champion du monde en 1998 puis champion d’Europe en 2000, le Français n’a pourtant jamais renié ses racines sénégalaises. En 2002, alors que la France s’apprêtait à affronter le Sénégal au Mondial, il avait expliqué sans détour son rapport à l’Afrique.

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Avant de devenir une figure incontournable du football français, Patrick Vieira avait connu une enfance sénégalaise dont les souvenirs étaient restés particulièrement vivaces. Le futur capitaine des Bleus avait notamment découvert le football dans les rues de Dakar, loin des infrastructures et du confort du haut niveau. Il racontait au Parisien :

« Je me souviens de ces ballons en plastique à moitié déchirés avec lesquels nous nous régalions pendant des heures. Nous mettions deux manteaux par terre, on comptait six pas, on posait deux autres vêtements plus loin, et hop ! le match pouvait commencer. Souvent, c’était des trois contre trois. Nous disputions des parties pour le plaisir. Nous n’avions pas d’idoles. Je n’avais jamais vu un match à la télévision. C’était comment dire… le foot à l’état brut. »

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Quelques années plus tard, l’ancien joueur d’Arsenal et de l’Inter Milan avait retrouvé cette culture dans un contexte bien différent. Lors de la Coupe du Monde 2002, le tirage avait placé la France dans le même groupe que le Sénégal, offrant à Patrick Vieira un match forcément particulier. Interrogé sur son identité, il avait alors tenu à distinguer ce qu’il avait appris en France de ce qui lui venait de sa famille :

« Les notions de groupe, de culture foot, je les ai acquises en France. Mais au fond de moi, je me sens Sénégalais. Cette culture est ancrée en moi parce que ma famille m’a éduqué ainsi. »

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Pour autant, Patrick Vieira ne ressentait pas le besoin de multiplier les signes extérieurs pour affirmer son attachement à l’Afrique. Le milieu de terrain français considérait ses origines comme une partie intime de son identité, présente dans sa vie quotidienne sans qu’il ait besoin de l’exhiber. Il précisait :

« Si ma maison est décorée dans un style africain ? Non, je n’ai pas besoin de signe extérieur. L’Afrique, je l’ai en moi. J’aime son côté accueillant, ouvert. Je me souviens des visites de mes copains à la maison. Ils étaient surpris par l’ambiance. Tout de suite, ils avaient l’impression d’être de la famille.

Dès que je rentre chez moi, je parle wolof. Je le comprends même si je n’en maîtrise pas toutes les nuances. J’aime cette langue. C’est la plus mélodieuse de toute l’Afrique. Elle chante un peu comme l’italien. Et je mange du tieb, un plat à base de riz et de poisson ou de poulet. »

L’ancien capitaine de l’équipe de France assumait donc pleinement cette double appartenance. Plus les années passaient, plus ses racines semblaient prendre une place importante dans sa réflexion, notamment à travers ses échanges avec certains coéquipiers eux aussi issus de l’immigration. Il ajoutait :

« Chacun apporte sa spécificité. Ce mélange crée une vraie richesse. Je parle beaucoup avec Thierry Henry et Lilian Thuram. J’ai des affinités particulières, mais je discute avec tout le monde. Plus je vieillis, plus je m’attache à mes racines. J’ai envie de retourner en Afrique pour comprendre mon enfance. »

Patrick Vieira n’avait donc jamais cherché à choisir entre ses deux cultures. Formé en France et devenu l’un des symboles des Bleus, le natif de Dakar revendiquait aussi un attachement profond au Sénégal, à sa famille et à son enfance africaine. Une identité assumée, sans artifices et sans besoin de la démontrer à travers de simples signes extérieurs.

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