Par Rédaction | Sport
Novak Djokovic n’a jamais eu sa langue dans sa poche, y compris lorsqu’il s’agit d’évoquer le public français. À Roland-Garros, le champion serbe a régulièrement dû composer avec des tribunes particulièrement passionnées, parfois jusqu’à l’excès. Et s’il comprend parfaitement cette ferveur, il a aussi déjà fait part de son agacement face à certains comportements.
Personnage aussi admiré que clivant, Novak Djokovic entretient depuis plusieurs années un rapport particulier avec le public de Roland-Garros. Le Serbe sait pouvoir compter sur une atmosphère électrique à Paris, notamment lorsqu’il affronte un joueur français, mais il a également été confronté à des spectateurs dont l’attitude lui a déplu. En 2023, en marge d’un match disputé Porte d’Auteuil, le multiple vainqueur en Grand Chelem avait ainsi livré un constat très franc.
Le champion serbe avait notamment expliqué qu’une partie du public venait avant tout pour profiter du spectacle et soutenir un joueur, tout en regrettant que certains spectateurs choisissent une autre approche. Il avait alors déclaré :
« Je pense que la majorité des gens vient pour profiter du tennis ou pour soutenir un joueur ou un autre. Mais il y a des individus — vous savez, des personnes, des groupes, peu importe — qui aiment huer chaque chose que vous faites. C’est quelque chose que je trouve irrespectueux, et franchement, je ne comprends pas cela. Mais c’est leur droit. Ils ont payé leur billet, ils peuvent faire ce qu’ils veulent. »
Des propos qui résumaient assez bien le sentiment du « Djoker » à l’égard de certaines tribunes parisiennes. Car si Novak Djokovic ne contestait absolument pas le droit des spectateurs à manifester leur soutien, il distinguait clairement la passion du franchissement des limites. Une nuance importante dans un tournoi où l’ambiance peut parfois être aussi intense que le match lui-même.
Deux ans plus tard, alors qu’il devait affronter Corentin Moutet au premier tour de Roland-Garros 2025, le Serbe avait toutefois affiché une vision davantage apaisée de la situation. Il reconnaissait notamment que le public français possédait une identité particulière et que son soutien aux joueurs tricolores était parfaitement logique :
« Ce n’est rien de personnel. Ici en France, et à Paris, comparé aux autres Grands Chelems, les gens sont plus bruyants, plus passionnés, donnent plus d’énergie à leur joueur. C’est logique. Dans tous les tournois du Grand Chelem, le public soutient naturellement ses joueurs. Ce n’est pas étrange. Pour certains joueurs, cela peut être agaçant. Ce n’est pas l’environnement idéal pour jouer, mais il faut s’y préparer. Il m’est arrivé plusieurs fois de devoir affronter des spectateurs qui franchissaient la ligne. Ce n’est jamais la majorité, mais ça arrive. »
Une manière pour Novak Djokovic de reconnaître que la ferveur française faisait partie intégrante de l’expérience Roland-Garros. L’ancien numéro un mondial n’avait donc pas condamné le public dans son ensemble, bien au contraire, puisqu’il avait admis que cette passion pouvait donner une dimension particulière aux rencontres.
Entre les tribunes survoltées, les encouragements pour les joueurs français et quelques comportements qu’il jugeait excessifs, Novak Djokovic avait donc fini par composer avec l’atmosphère si particulière de la Porte d’Auteuil. Le Serbe avait surtout tenu à faire la distinction entre une véritable passion pour le tennis et les spectateurs qui, selon lui, allaient parfois trop loin.
