Suisse et fier, Stephan Eicher (65 ans) sans filtre sur la France : « Les Français ? Ils ne…

Stephan Eicher
France TV (DR)

Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

À 65 ans, Stephan Eicher reste l’un des artistes helvétiques les plus respectés, continuant d’arpenter les scènes avec la même poésie musicale qu’à ses débuts. L’auteur de « Déjeuner en paix » porte un regard affûté sur le monde, et n’hésite jamais à dire ce qu’il pense. Y compris lorsqu’il s’agit de la France, un pays qu’il connaît bien. Et ses mots ne devraient laisser personne indifférent !

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Figure majeure de la chanson suisse, Stephan Eicher s’est imposé dès les années 1990 comme un musicien singulier, entre mélancolie et lucidité. S’il n’a plus jamais retrouvé le raz-de-marée populaire de son grand tube, l’artiste a poursuivi une carrière dense, jalonnée d’albums exigeants et de longues tournées.

Connaissant la France comme un second territoire – lui qui a vécu en Camargue comme en Bretagne – le chanteur s’est déjà exprimé sur les Français, avec une franchise qui le caractérise. Au micro de France Bleu, il détaillait ainsi ce qui, selon lui, manque parfois aux habitants de l’Hexagone. C’est là qu’il avait lancé cette réflexion marquante :

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« Vous n’êtes pas conscients de la beauté de votre pays. De temps en temps, vous êtes là en râlant, pour des bonnes raisons. Vous faites des grèves et tout ça, mais… Qu’est-ce que vous avez fait avec Dieu ? Il vous a donné les Alpes, les Pyrénées, les Vosges, la Méditerranée, l’Atlantique, la mer du Nord. Si vous prenez le TGV de Montpellier jusqu’à Lille, il y a seulement des pâturages sublimes.

Après votre travail, c’est quoi ? C’est faire du vin, du champagne, une cuisine incroyable, la mode, les accessoires, le luxe. Vous êtes gâtés, les gars. Faites un peu plus attention à votre pays parce que, en Suisse, on n’a pas de place. Il y a des lacs et des montagnes et une banque qui est fermée maintenant. »

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Si Stephan Eicher pointait ce qu’il considère comme le travers national du « râlage », il n’a jamais manqué d’exprimer son attachement profond pour plusieurs régions françaises où il a vécu. Toujours sur France Bleu, il confiait ainsi :

« J’adore la nature, j’adore la Camargue, j’adore la lumière, j’adore que les gens m’aient accepté comme j’étais, on m’a foutu la paix et j’ai payé pendant douze ans les impôts en France. Et bien entendu, j’ai grandi près des montagnes et sans vraiment un horizon défini. En Camargue, on a un horizon défini, mais je cherche toujours ce que je n’ai pas. »

La Bretagne est très belle et j’adore ce côté que la musique est partout. Je voulais écrire un disque et j’ai trouvé une maison vraiment superbe. C’est bizarre, en Bretagne, l’eau ne sait pas vraiment ce qu’elle veut. De temps en temps, elle est là, après elle part, elle revient, elle part… »

Pour Stephan Eicher, les Français se montrent souvent trop critiques envers leur propre pays, sans percevoir l’extraordinaire diversité qui les entoure. Un constat qu’il formulait avec sincérité et affection, conscient que cet attachement franco-suisse fait partie intégrante de son histoire personnelle. Et qui continue, des années après, de faire écho dans un contexte où la morosité s’installe parfois trop facilement.

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