Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
Shai Gilgeous-Alexander est en train de mener son équipe vers une saison historique. Collectivement, la franchise se dirige vers une troisième première place consécutive à l’Ouest, tout en flirtant avec des références mythiques comme le bilan 73-9 des Warriors ou le net rating légendaire des Bulls des années 1990. Une domination rare, portée par une identité claire et un leader offensif au sommet de son art.
Individuellement, SGA continue d’empiler les performances d’élite. À plus de 30 points de moyenne avec une efficacité impressionnante, il s’inscrit pleinement dans la course à un nouveau titre de MVP et de meilleur marqueur. Cette capacité à dicter le tempo et à punir la moindre erreur défensive a récemment poussé LeBron James à analyser publiquement les raisons de son succès.
« Il sait manipuler le jeu intelligemment. Il sait quoi faire et quoi éviter. Il est toujours à la recherche de mains, de bras, de coudes dès que vous êtes dans son espace. C’est comme ça que le jeu se joue aujourd’hui, et il faut le respecter. C’est du James Harden, comme à l’époque où il dominait à Houston », a expliqué LeBron James lors du podcast Mind the Game.
Une domination méthodique et presque impossible à contenir
Cette comparaison avec Harden n’a rien d’anodin. Gilgeous-Alexander affiche cette saison des moyennes affolantes : plus de 32 points, près de 7 passes et une efficacité chirurgicale au tir, tout en limitant drastiquement les pertes de balle. Un équilibre rare entre volume, précision et contrôle, d’autant plus impressionnant qu’il a déjà passé de nombreux quatrièmes quarts sur le banc, les matchs étant pliés trop tôt.
Ce qui distingue véritablement Shai, c’est sa science du contact et du timing. Leader NBA aux tirs réussis à mi-distance, il est aussi l’un des rares arrières à figurer dans le top 10 des points inscrits dans la raquette. Sa capacité à provoquer des fautes n’est pas un artifice, mais l’aboutissement logique d’un jeu basé sur la lecture permanente du défenseur et l’exploitation des règles.
Cette maîtrise a également marqué Dwyane Wade, qui voit en lui un héritier assumé d’une certaine école offensive. « Je pense sincèrement que c’est une excellente chose qu’il ait développé cette compétence, que seuls quelques joueurs comme James Harden possédaient à Houston. Il a appris à manipuler le jeu et à utiliser les règles à son avantage. Tant qu’il joue dans le cadre, ce n’est absolument pas un problème », a-t-il confié.
L’ancien champion NBA souligne aussi l’impact psychologique de ce style sur les adversaires. « Plus on en parle, plus les défenseurs deviennent nerveux face à lui. Il a tellement d’options dans son jeu qu’il peut tout faire. Il déséquilibre constamment son vis-à-vis et profite du moindre espace ». Une réalité qui explique pourquoi, malgré les ajustements, Shai Gilgeous-Alexander semble toujours avoir un coup d’avance.
