Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Discret, pudique et rarement enclin aux confidences personnelles, Francis Cabrel cultive depuis toujours une image loin des excès du show-business. Pourtant, durant une période bien particulière, le chanteur avait surpris en levant le voile sur une habitude dont il avait du mal à se passer. Un aveu inattendu, formulé sans détour, et finalement très à son image. De quoi en dire un peu plus sur l’homme derrière l’artiste.
Chanteur emblématique de la chanson française, Francis Cabrel s’est imposé au fil des décennies comme une figure à part, loin du tumulte médiatique. Auteur-compositeur-interprète parmi les plus respectés de sa génération, le natif d’Astaffort a bâti sa carrière sur la sincérité, la simplicité et une certaine fidélité à ses racines. Un positionnement rare, qui lui a valu l’estime durable du public comme de ses pairs.
Installé depuis de longues années dans le Lot-et-Garonne, Francis Cabrel mène une vie paisible à la campagne, entouré de nature et de produits du terroir. Une existence en phase avec son univers artistique, souvent inspiré par la ruralité, le temps qui passe et les plaisirs simples. Durant le premier confinement de 2020, alors que le quotidien de chacun était bouleversé, le chanteur avait accepté de se livrer sur ses habitudes alimentaires et son attachement à certaines saveurs.
Interrogé à l’époque sur RTL, l’interprète de « L’encre de tes yeux » évoquait d’abord son environnement privilégié et les richesses locales qui l’entourent :
« C’est vrai qu’on a de la bonne nourriture puisque les paysans du coin sont tous maraichers et qu’on a, ici où là, des légumes, de la volaille (…), toutes les facilités de la campagne. »
Mais derrière cet attachement au terroir se cachait un penchant bien plus dépaysant. Toujours au cours de cet échange, Francis Cabrel avait surpris en révélant son véritable péché mignon, dont il se retrouvait privé à cause des restrictions sanitaires :
« Mais moi, je suis accro à la nourriture japonaise. Là, j’en suis privé. »
Une addiction évidemment bénigne, d’autant que la cuisine japonaise est réputée pour ses bienfaits nutritionnels. De quoi rassurer sur l’hygiène de vie du musicien, souvent cité comme un exemple de longévité artistique. Reste la question d’éventuelles autres dépendances, plus controversées, sujet sur lequel Francis Cabrel s’est déjà exprimé par le passé.
En 2012, dans un entretien accordé au Parisien, l’artiste avait ainsi donné son avis sur la question du cannabis, avec un discours nuancé et sans provocation :
« Je pense que la dépénalisation permettrait de court-circuiter les mafias parallèles. Dans tous les cas, le cannabis ne me paraît pas beaucoup plus nocif que le pastis. »
Des propos qui faisaient écho à une prise de position encore plus ancienne. Dès 1999, dans les colonnes de Libération, Francis Cabrel développait déjà une réflexion critique sur la législation et les incohérences qu’il percevait :
« Je pensais que le shit était plus ou moins admis, que c’était dépénalisé sinon dans les textes, dans les faits. Il me semble qu’on n’ose pas écrire cette loi noir sur blanc. C’est hypocrite. Quand je vois des types se pochetronner dans les bars, qui rentrent après chez eux pour taper sur leur nénette. C’est légal, ça ? Les gens qui fument sont paisibles. Par contre, pour les drogues dures, il faut être très vigilant. »
Au final, Francis Cabrel n’a jamais donné l’image d’un homme en proie aux excès ou aux dérives. Sa seule véritable addiction avouée reste celle des sushis et de la cuisine japonaise, un plaisir gourmand bien loin des clichés liés au milieu artistique. Une confession anodine, mais révélatrice d’un artiste fidèle à sa simplicité, et dont la sobriété contribue sans doute à sa remarquable longévité.
