Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
L’impact de Stephen Curry sur la NBA ne se mesure plus uniquement en titres ou en statistiques. Son tir à trois points a redéfini les standards du jeu, transformant durablement les schémas offensifs de la ligue. Pourtant, rien n’était écrit d’avance pour l’ancien de Davidson, longtemps jugé trop frêle et limité physiquement pour dominer au plus haut niveau.
Les premières années ont d’ailleurs été semées d’embûches. Les blessures à la cheville ont failli briser son élan, alimentant les doutes autour de sa durabilité. Mais au lieu de céder au bruit extérieur, Curry a fait un choix déterminant : exploiter ses forces, affiner son adresse, et imposer un style qui n’appartenait qu’à lui.
C’est en revenant sur ces hauts et ces bas qu’il a récemment livré un témoignage rare, lors d’un échange avec Snoop Dogg. « Quand tu gagnes, et qu’on a eu la chance de vivre autant de succès, les années difficiles te rappellent à quel point il est dur d’arriver au sommet. C’est ce qui fait ressortir le meilleur de toi. Cette quête permanente, le fait de construire ensemble, de comprendre ce dont l’équipe a besoin pour gagner, c’est ça qui te ramène chaque année à travailler aussi dur que possible », a expliqué le meneur, dévoilant ce qui continue de l’animer après tant d’années.
Une dynastie à bout de souffle mais une flamme intacte
Depuis le quatrième titre remporté en 2022, la franchise de Golden State traverse une période plus instable. La fin progressive de la dynastie s’est accompagnée de tensions internes, de suspensions répétées et de choix forts sur le marché des joueurs. Le départ de Klay Thompson vers Dallas a marqué un tournant symbolique, confirmant la fin d’un cycle historique.
Dans ce contexte, Curry a souvent porté l’équipe à bout de bras. Ses performances restent d’un niveau élite, mais elles n’ont plus suffi à masquer certaines lacunes structurelles, notamment le manque de taille et une irrégularité collective persistante. Malgré tout, son leadership et son exigence continuent de servir de boussole dans une période de transition délicate.
À bientôt 38 ans, le double MVP demeure la principale source d’espoir. Son envie de fédérer, de transmettre et de croire encore en un dernier coup d’éclat n’a pas disparu. Même lorsque les résultats stagnent autour de l’équilibre, Curry incarne cette constance mentale qui a longtemps fait la force de Golden State.
Les interrogations se multiplient désormais autour de l’avenir immédiat. Entre les performances en dents de scie de Draymond Green, l’incertitude liée à Jonathan Kuminga et des ajustements encore attendus avant la trade deadline, la marge de manœuvre semble étroite. Pourtant, l’ambition reste intacte en interne.
