Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
À Golden State, le décor est toujours le même, les visages sont familiers, pourtant quelque chose semble s’être définitivement déplacé. La question n’est plus vraiment de savoir si la franchise peut encore rêver, mais jusqu’où elle peut tenir. C’est en tout cas l’avis de Reggie Miller.
Stephen Curry continue d’illuminer les parquets, défiant le temps avec une régularité presque insolente. Autour de lui, en revanche, l’équilibre paraît plus fragile. Les ajustements tactiques, les paris sur des vétérans et l’absence de sang neuf alimentent un malaise que les résultats récents ne font que renforcer.
Steve Kerr lui-même a récemment tenu un discours lucide, presque désarmant, en reconnaissant que Golden State n’était plus construit pour dominer la ligue comme autrefois. Une sortie qui a fait réagir, notamment Reggie Miller, désormais analyste, qui partage cette vision sans concession sur le plafond réel de l’équipe.
Un plafond clairement identifié par Reggie Miller
L’ancien arrière des Pacers estime que la franchise californienne paie aujourd’hui des choix structurels accumulés au fil des saisons. Selon lui, l’arrivée de Jimmy Butler n’a pas réglé le problème central. « Il leur manque quelque chose. Les supporters se disent : “Attendez, on a récupéré Jimmy Butler, ce n’était pas censé être la pièce manquante pour retrouver le sommet ?” », a-t-il analysé, pointant surtout le risque de voir les dernières grandes années de Curry se consumer sans véritable soutien.
Pour Miller, le cœur du problème réside dans une distinction essentielle entre les exigences de la saison régulière et celles des playoffs. « Il y a des joueurs faits pour 16 matchs et des joueurs faits pour 82 matchs. Stephen Curry, Jimmy Butler et Draymond Green sont des joueurs de 16 matchs. Le souci, c’est le marathon. Ils n’ont pas assez de scoring pour tenir sur 82 matchs », a-t-il expliqué, soulignant une marge d’erreur devenue extrêmement réduite.
Cette analyse met directement en cause la construction de l’effectif. Golden State manque cruellement de profils capables de soulager ses stars sur la durée, notamment en saison régulière. L’époque où Curry pouvait s’appuyer sur un Klay Thompson à son apogée semble définitivement révolue, et aucune relève crédible n’a réellement émergé pour absorber cette charge.
Dans ce contexte, les ambitions doivent être réévaluées. La franchise reste dangereuse sur une série courte, portée par l’expérience et le talent de ses leaders. Mais sur l’ensemble d’un exercice NBA, l’usure physique et l’absence de scoring secondaire pèsent lourd.
