Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Figure incontournable de la chanson française, Florent Pagny voit son statut évoluer avec les années. À force de longévité, de succès, d’épreuves surmontées et d’autorité naturelle, certains de ses pairs lui ont même trouvé un nouveau surnom. Un qualificatif flatteur, repris notamment par Amel Bent, mais qui a poussé le principal intéressé à remettre les choses à leur place…
Chanteur à la voix reconnaissable entre toutes, Florent Pagny s’est imposé comme un pilier du paysage musical français depuis la fin des années 1980. De Savoir aimer à Ma liberté de penser, l’artiste a traversé les décennies sans jamais disparaître des radars. Aujourd’hui, dans les coulisses du métier comme sur les plateaux de télévision, celui qui a aussi marqué des générations de téléspectateurs dans The Voice est désormais affublé d’un surnom lourd de sens.
Pour beaucoup d’artistes plus jeunes, Florent Pagny incarne une forme d’autorité bienveillante, presque institutionnelle. Son expérience, son franc-parler et son parcours singulier lui valent d’être qualifié de “taulier” ou de “patron” de la chanson française. Une étiquette symbolique, renforcée par les épreuves personnelles qu’il a traversées ces dernières années, à laquelle il avait réagi dans « Télé 7 Jours » :
« Honnêtement, quand on m’appelle ‘le taulier’, ‘le patron’, je réponds : ‘Le taulier, c’est le mec qui garde la taule. Moi je ne vais pas garder la taule, il y a un moment où tu ne me verras plus et tout le monde va bien se démerder sans moi' »
L’interprète de « Savoir aimer » reconnaît toutefois la dimension symbolique et affectueuse de cette appellation, tout en refusant d’y voir un titre officiel ou une position de pouvoir. Conscient que ce qu’il a vécu à contribuer à cette aura, il avait ajouté avec lucidité :
« Mais je sais que c’est une marque de respect, et, en plus, tout ce qui m’est arrivé a un peu sacralisé cette dimension. Je suis lucide, et je le vis humblement, au fond, ça peut me faire plaisir et me flatter, et, d’un autre côté, je ne le prends pas au pied de la lettre »
Sans chercher à endosser un rôle de chef de file, Florent Pagny accepte donc ce regard porté sur lui comme le reflet d’un parcours hors norme. Une reconnaissance qu’il accueille sans arrogance, conscient que, dans la musique comme ailleurs, rien ni personne n’est éternel.
