Par Rédaction | Sport
Après plus d’une décennie passée en Premier League, Hugo Lloris a tourné la page de l’Angleterre. Installé désormais aux États-Unis, l’ancien capitaine des Bleus garde pourtant des souvenirs très vifs de son passage à Tottenham. Mais parmi eux, un épisode précis continue de le hanter. Un détail en apparence anodin, mais qui l’a profondément marqué…
Figure emblématique du football français, Hugo Lloris a longtemps incarné la régularité et le leadership, aussi bien en équipe de France qu’en club. Passé par l’Olympique Lyonnais avant de s’imposer outre-Manche, le champion du monde 2018 a porté les couleurs de Tottenham pendant onze saisons, de 2012 à 2023. Une longévité rare, marquée par des performances de haut niveau, mais aussi par une frustration persistante.
Car malgré son statut de cadre incontestable chez les Spurs, le gardien tricolore n’a jamais soulevé le moindre trophée avec le club londonien. Une anomalie au regard de son palmarès international, et un poids symbolisé par plusieurs finales perdues, dont la plus cruelle reste celle de la Ligue des Champions en 2019 face à Liverpool. Un rendez-vous historique, précédé d’un épisode de vestiaire qui a laissé des traces.
Dans les colonnes de The Guardian, l’ancien portier de Tottenham est ainsi revenu sur une initiative du président Daniel Levy, survenue quelques jours avant cette finale européenne tant attendue :
« On a tous un souvenir qui restera longtemps gravé en nous. Quatre jours avant la finale de la Ligue des Champions, en 2019, Daniel Levy nous a tous appelés pour nous annoncer que, grâce au soutien d’un sponsor, on allait tous recevoir une montre d’aviateur de luxe de la part du club. Au début, on était tous excités en voyant les boîtes élégantes. »
Sur le papier, le geste avait tout pour souder le groupe et renforcer la motivation. Mais la suite a eu l’effet inverse, au point de provoquer un véritable malaise dans le vestiaire londonien, comme l’a expliqué le Français :
« On les a ouvertes et on a découvert qu’au dos de chaque montre, il avait fait graver le nom du joueur à qui elle était destinée ainsi que « Finaliste de la Ligue des Champions 2019 ». « Finaliste ». Qui fait une telle chose dans un moment pareil ? Je ne m’en suis jamais remis, et je ne suis pas le seul. Si on avait gagné, il n’aurait pas demandé à récupérer les montres pour graver « Gagnant » à la place. »
Pour l’ancien capitaine des Spurs, cette inscription symbolisait une forme de résignation malvenue, à quelques jours du match le plus important de leur carrière. Un détail qui, selon lui, illustre certaines limites structurelles du club, souvent moqué en Angleterre pour son incapacité à conclure dans les grands rendez-vous, malgré des effectifs de qualité.
Aujourd’hui éloigné de la pression européenne, Hugo Lloris regarde cet épisode avec du recul, mais sans l’avoir digéré. Une cicatrice de plus dans un parcours pourtant exceptionnel, et un souvenir qui résume à lui seul ce que Tottenham n’a jamais réussi à offrir à son emblématique gardien : un sacre à la hauteur de son investissement.
