Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
Victor Wembanyama continue d’apprendre à composer avec un statut qui dépasse largement le simple cadre du jeu. Désormais identifié comme l’un des visages majeurs de la ligue, le Français attire autant l’admiration que l’hostilité, notamment lors de déplacements très exposés médiatiquement.
À Oklahoma City, le contexte était particulier. La rivalité naissante avec Chet Holmgren, l’enjeu du classement et l’atmosphère d’une salle réputée bruyante promettaient une soirée électrique pour le pivot des Spurs, confronté à un public loin d’être acquis à sa cause. Et ça s’est vu encore ce mardi soir.
Malgré la lourde défaite de San Antonio, Wembanyama a tenu à relativiser l’impact de cette ambiance hostile. En conférence de presse, il a expliqué percevoir ces réactions comme un moteur supplémentaire, sans pour autant y accorder une importance excessive. « Bien sûr que ça me motive. C’est ce qui nous rend meilleurs, bien plus qu’une équipe ou un public qui m’ignorerait », a-t-il assuré, tout en saluant la performance collective du Thunder.
Un rôle de “méchant” assumé sans excès
Le Français a ensuite évoqué plus directement l’attitude des supporters d’Oklahoma City, minimisant les insultes entendues depuis le parquet. « J’entends les huées, j’ai entendu un “va te faire f…”, mais c’était juste un. Franchement, j’ai déjà connu bien pire ailleurs », a-t-il lâché avec un sourire, refusant de se poser en victime ou en provocateur.
Sur le parquet, le duel attendu face à Chet Holmgren a tourné à l’avantage du joueur de San Antonio sur le plan individuel. Wembanyama a réussi à gêner son vis-à-vis, limité offensivement, même si l’impact collectif du Thunder a rapidement fait la différence, notamment grâce aux performances de Shai Gilgeous-Alexander et d’Alex Caruso.
Statistiquement, le Français a terminé avec une ligne correcte, sans être dominante, tandis que les Spurs concédaient une deuxième défaite consécutive. Cette rencontre a surtout confirmé que chaque déplacement de Wembanyama devient désormais un événement, chargé d’émotion et de tension.
Loin de fuir ce rôle de “vilain”, le prodige tricolore semble au contraire l’accepter avec maturité. Sans chercher à provoquer, ni à se dérober, il continue d’avancer avec la même ligne de conduite, conscient que cette hostilité fait désormais partie intégrante de son ascension au sommet de la ligue.
